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Actualités

Un « hard Brexit » plongerait le Royaume-Uni dans la récession, selon S & P - 31/10

Alors que la perspective d'un « hard Brexit » se profile, les études alarmistes concernant l'impact d'une telle issue sur l'économie britannique se multiplient. La semaine dernière, le plus ancien institut de recherche économique indépendant du Royaume-Uni anticipait  un trou d'air de la croissance en 2019 . Aujourd'hui, les économistes de l'agence de notation S & P sont encore plus sombres.

Selon eux en effet, en cas d'absence d'accord entre Londres et Bruxelles, l'économie britannique se retrouverait en récession l'an prochain. Avec un PIB qui accuserait un recul de 1,2 % et de 2,5 % en 2020 . La croissance reviendrait en 2021 avec une hausse du PIB de l'ordre de 1,2 %.

Chute des prix de l'immobilier

L'entrée en récession du Royaume-Uni aurait des effets dévastateurs sur la vie des Britanniques. Le taux de chômage, qui se situe aujourd'hui au niveau historiquement bas de 4 %, remonterait en flèche pour atteindre 7,4 % en 2020. L'inflation, de son côté, se redresserait aussi fortement pour atteindre un pic de 4,7 % à la mi-2019. Tandis que la consommation accuserait, elle, une baisse de l'ordre de 1,8 % en 2019 et de 2,7 % l'année suivante.

Dans le même temps, l'immobilier serait durement touché, avec une chute des prix des maisons de 10 % en deux ans. A Londres, c'est l'immobilier d'entreprise qui serait durement impacté avec une dégringolade de près de 20 % du prix des bureaux au cours des deux ou trois prochaines années. Un choc comparable à celui subi par le secteur lors de la crise financière de 2008.

Source : Les Echos


L'environnement économique chamboule les plans de BNP Paribas et Société Générale - 31/10

« Si j'avais une boule de cristal, je saurais. » La réponse du directeur financier de BNP Paribas, Lars Machenil à la question de l'agence Bloomberg sur la capacité de la banque à atteindre ses objectifs de croissance dans la banque d'investissement, d'ici à 2020, n'a visiblement pas satisfait les investisseurs.

Mardi, le titre de BNP Paribas a accusé la plus forte baisse du CAC40 (- 2,80 %) après des publications trimestrielles contrastées. Le titre a entraîné dans son sillage celui de Société Générale et des autres banques françaises, confortant la tendance observée depuis janvier : l'indice bancaire européen a reculé de 22,49 % depuis début 2018.

Doutes des marchés

Le trou d'air de BNP Paribas dans les métiers de taux, change et matières premières - ses revenus y ont reculé de 15 % au troisième trimestre - nourrit en particulier les doutes du marché. D'autant que la banque affiche une baisse de ses revenus de 0,8 % depuis le début de l'année. Son objectif initial visait 2,5 % de croissance annuelle moyenne.

« Nous attendons une révision de la feuille de route de BNP Paribas au quatrième trimestre 2018. Le management a rappelé qu'il concentre ses efforts sur l'objectif d'atteindre 10 % de rentabilité des capitaux propres (ROE), plutôt que sur celui d'atteindre son coefficient d'exploitation cible », estiment sans détour les analystes de Jefferies.

 

A ce stade, BNP Paribas n'a toutefois pas changé ses plans pour 2020. « Un plan stratégique n'est pas forcément linéaire en termes de croissance d'où l'importance d'avoir un modèle diversifié », font valoir des sources proches de la banque.

Courbe des taux d'intérêt défavorable

Société Générale publie ses comptes trimestriels la semaine prochaine mais elle n'est pas non plus exempte de doutes sur sa capacité à tenir ses promesses dans un environnement devenu plus ardu pour les banques. « La courbe des taux d'intérêt ne s'est pas relevée au niveau anticipé par les plans stratégiques arbitrés en 2017. Cela a forcément un impact sur toutes les banques de détail », confirme un spécialiste. Cet été, Société Générale a d'ores et déjà prévenu qu'elle n'arrêterait finalement pas l'érosion de ses revenus de banque de détail en France en 2018. Ils devraient  plutôt reculer de 1 voire 2 %, avait alors indiqué la banque de la Défense.

A ce stade, la banque n'a pas touché à sa feuille de route pour 2020. Fin septembre à Londres, son nouveau directeur financier, William Kadouch-Chassaing a toutefois précisé lors d'une rencontre avec des analystes que Société Générale ne s'interdisait pas « quelques ajustements tactiques à la fin de l'année », comme rapportent les analystes de Credit Suisse. « Le management pourrait décider de remettre la banque sur les rails de ses plans avec des réductions de coûts ou des réallocations de capital », estime encore Jean-Pierre Lambert, chez Keefe, Bruyette & Woods. La banque n'a pas souhaité commenter.

Consolidation en ligne de mire

Pour  Frédéric Oudéa , ces questions stratégiques interviennent alors que le renouvellement de son mandat de directeur général doit être avalisé par l'assemblée générale des actionnaires au printemps 2019. S'il espère les rassurer en arrachant prochainement un accord avec Washington, qui l'accuse d'avoir violé des embargos américains, le patron doit encore convaincre les marchés de la pertinence du modèle de Société Générale. Un élément clef pour permettre au groupe de jouer un rôle actif dans la consolidation bancaire à l'échelle européenne.

Si les banquiers s'accordent à penser que le marché n'est pas mûr pour des opérations transfrontalières, ils s'y préparent néanmoins dans un horizon de l'ordre de dix-huit mois. « Toutes les banques regardent tout en ce moment. Mais il faut faire ce genre d'opérations avec plus de rentabilité et une capitalisation élevée », estime un banquier.

Sources : Les Echos


En dix ans, les risques de contagion entre banques ont diminué- 16/08

La nouvelle est de bon augure à l'heure où les investisseurs se demandent si la crise des monnaies émergentes  pourrait se propager au secteur bancaire  : en dix ans, les risques qu'une tempête ne se diffuse de banque en banque se sont réduits, sans pour autant disparaître.

C'est ce qui ressort de données publiées cet été dans un article du Bulletin de la Banque de France (1), et portant sur un échantillon de neuf banques européennes (UniCredit, KBC, BBVA, Erste, ING, Barclays, BNP Paribas, UBS et Deutsche Bank). Premier constat, les banques prêtent moins aux autres banques, et détiennent moins d'actions ou d'obligations d'autres banques.  Or, les prêts interbancaires - si l'emprunteur fait défaut - comme la détention de titres - si leur valeur dégringole - restent des canaux directs de transmission de crise.

En dix ans, les risques de contagion entre banques ont diminué

Plus précisément, en 2008, les actifs interbancaires représentaient pour ces neuf établissements 5,5 % du total de leurs actifs. Dix ans plus tard, ce ratio tourne autour de 4 %. Deux d'entre elles - UniCredit et KBC - demeurent tout de même exposées à plus de 8 % de leurs actifs, selon l'étude. A l'inverse, l'exposition d'UBS et de Deutsche Bank paraît très faible, inférieure à 2 %. Pour les banques de la zone euro, l 'intervention de la BCE, qui a facilité depuis la crise l'injection de liquidités , explique pour partie cette capacité plus forte d'autofinancement.

Redresser la barre

Autre critère permettant de mesurer le risque d'effet domino entre grandes banques : la dépendance - plus ou moins forte - aux ressources hors dépôts. Plus la banque attire de dépôts, moins elle dépend de moyens de financement externes (emprunt sur les marchés, autres banques...) réputées moins stables. Ainsi en 2008, pour chaque euro de dépôt à leur passif, les neuf groupes bancaires de l'échantillon comptaient en moyenne 2,5 euros de ressources hors dépôts. Dans le cas de Deutsche Bank, Barclays et UBS, le « hors dépôt » s'élevait même à 4,5 euros pour chaque euro déposé par les clients.

 

Les neuf banques de l'échantillon ont totalement redressé la barre puisque, dans le passif, dépôts et hors dépôts se situent désormais à égalité. Cette situation peut s'expliquer par la mise en place de nouvelles réglementations imposant aux banques de se soucier de la stabilité de leurs ressources, mais surtout par l'extrême faiblesse des taux d'intérêt qui poussent les épargnants à laisser dormir leurs liquidités sur de simples comptes courants, en France en particulier.

Portefeuilles similaires

Les effets de contagion indirects restent plus complexes à mesurer, comme par exemple lorsque les banques cessent brutalement de se faire confiance et refusent d'accorder un prêt à leurs homologues. Autre risque plus diffus, le « recoupement de portefeuille » décrit une situation dans laquelle les établissements détiennent, chacun de leur côté, des portefeuilles d'actifs similaires, comme de la dette d'Etat ou des actions.

« Les établissements en difficulté cherchent à se désendetter et à céder des actifs », ce qui se fait dans de mauvaises conditions étant donné l'urgence de la situation, soulignent les auteurs de l'article. « Les autres établissements détenant les mêmes actifs subissent alors des pertes puisque ces actifs sont valorisés aux prix du marché dans leurs bilans ».

(1) Les instruments de politique macroprudentielle : un rempart contre les risques de contagion interbancaire


La course à la meilleure offre digitale est lancée - 05/07

Directement à la première place.  Quelques mois après son lancement- retardé afin de présenter une expérience client sans couture -, Orange Bank arrive en tête d'un classement des banques présentant la meilleure « digitalisation des parcours et des offres ». Lancé l'an dernier par  l'agence de notation D-Rating , axée sur la performance numérique, ce score agrège plus de 400 critères et porte sur 18 banques et deux établissements de paiement.

La banque mobile de l'opérateur téléphonique dépasse d'une courte tête la néobanque allemande N26, première l'an passé. Au sein des banques en ligne et traditionnelles, les scores évoluent peu, à l'exception du Crédit Mutuel de Bretagne (Arkéa) qui grimpe en un an de la 14e à la 8e position. Egalement dans la galaxie Arkéa, la banque en ligne Fortuneo progresse elle aussi, en 4e position, juste derrière Boursorama.

Réduction des délais

Au-delà de ce « concours de beauté », l'étude révèle que toutes les banques sont en train de mettre à niveau leurs offres digitales. Cela s'observe en particulier dans le mode de souscription d'un compte courant. L'an dernier, la souscription 100 % numérique - c'est-à-dire jusqu'à la signature finale - n'était possible que pour 39 % du panel étudié par D-Rating, contre 61 % un an plus tard.

 

Autre signe d'amélioration, à panel constant, les délais nécessaires pour obtenir un compte, un moyen de paiement et pouvoir faire des virements se sont réduits en moyenne de 15 %. Parmi les acteurs disposant d'une licence bancaire, le délai va de quatre à cinq jours pour les plus performants (N26, Orange Bank, Crédit Mutuel tout comme le Crédit Mutuel de Bretagne) et jusqu'à 15 jours et plus pour HSBC France, Crédit du Nord, La Banque Postale et BNP Paribas.

Davantage de fonctionnalités

Autre point d'amélioration, sur 20 fonctionnalités liées à la gestion du compte et aux opérations de paiement, le nombre de fonctionnalités a augmenté de 12 % sur un an, selon les auteurs de l'étude. BNP Paribas, numéro un des acteurs traditionnels dans le classement, domine par le nombre total de fonctionnalités disponibles (30), suivie par Boursorama, Fortuneo, ING Direct et N26 (28 fonctionnalités). LCL ou Crédit du Nord ne comptent que 13 fonctionnalités.

 

Ces réalisations s'inscrivent dans le chantier plus large de la refonte des parcours clients . L'objectif est double pour les banques : tout d'abord soutenir l'activité « via la fidélisation des clients existants, la conquête d'une nouvelle génération de clients et la souscription facilitée », souligne D-Rating. Ensuite, « poursuivre les efforts » en matière de réduction de leurs coûts « via des processus métiers optimisés et des processus automatisés ».

Source : Les Echos


Crédit : les autorités françaises forcent les banques à la prudence - 12/06

La France veut obliger les banques à être plus fourmis que cigales. Lundi, le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF), le comité français en charge de la robustesse du système financier, a relevé les exigences minimales de fonds propres des banques en demandant à ces dernières de constituer d'ici à un an un coussin contracyclique à hauteur de 0,25 % des actifs pondérés par les risques sur certaines expositions. C'est la première fois que la France a recours à cet outil, prévu par les régulations bancaires adoptées après la crise et déjà utilisé dans d'autres pays européens, notamment au Royaume-Uni.

Pourquoi cette décision ?

L'objectif de cette mesure  attendue depuis plusieurs mois est de prévenir un ralentissement de la distribution des prêts en cas de retournement du cycle économique et financier. Concrètement, le coussin oblige les banques à avoir un niveau minimal de fonds propres plus important. En cas de coup de mou économique, les autorités devraient abaisser cette exigence supplémentaire. Les banques pourront alors compter sur les réserves de fonds propres constituées jusque-là pour continuer à octroyer des prêts. Si cette précaution n'était pas prise, le risque serait que les banques décident, pour réduire leurs risques, de fermer le robinet du crédit notamment au détriment des PME.

 Pourquoi maintenant ?

Le HCSF a décidé d'agir alors que  la croissance des crédits aux entreprises et  aux particuliers en France est dynamique et que l'endettement du secteur privé par rapport au PIB est élevé. En soi, ce n'est pas considéré comme un problème par les autorités. En revanche, elles considèrent que les banques pourraient être d'autant plus tentées de freiner la production de nouveaux crédits en cas de retournement qu'elles en ont accordé beaucoup par le passé. « La décision que nous prenons aujourd'hui n'est pas un signe d'inquiétude sur le cycle économique, mais au contraire de confiance », insiste en tout cas François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France.

Quel impact pour les banques ?

Techniquement, les banques vont avoir un an à partir du début du mois prochain pour constituer un coussin de fonds propres à hauteur de 0,25 % des actifs pondérés par les risques sur les expositions françaises. Sachant que les banques françaises ont déjà des niveaux de fonds propres élevés par rapport aux exigences minimales, cette mesure est censée être indolore. « Aujourd'hui, toutes les banques françaises ont une avance en capital suffisante pour que le coussin contracyclique ne les oblige pas à lever du capital », souligne le gouverneur, à l'origine de la décision. La Fédération bancaire française (FBF) a cependant fraîchement accueilli cette dernière. « Les banques ne comprennent pas la décision du HCSF », a réagi sa directrice générale, Marie-Anne Barbat-Layani en soulignant que « le crédit en France est particulièrement sûr ».

Les banques ne devraient vraisemblablement pas ralentir la production de crédits. 

Quelles conséquences pour le crédit ?

Le HCSF souligne qu'il a décidé de relever le taux du coussin contracyclique « de manière modérée ». Compte tenu de cette décision, « les banques ne devraient vraisemblablement pas ralentir la production de crédits. La concurrence est forte aujourd'hui entre les banques, cela vaut pour les crédits aux ménages et aux PME. Cette concurrence va continuer », estime le gouverneur de la Banque de France. « Nous souhaitons confirmer à nos clients l'engagement indéfectible des banques à les accompagner », se contente d'affirmer sur ce point la patronne de la FBF, qui reconnaît que la décision est « très mesurée ».

Est-ce la première action du HCSF ?

Non. Le HCSF avait  déjà réagi en fin d'année dernière à l'endettement excessif de certaines grandes entreprises . A partir du mois de juillet, les expositions des banques systémiques françaises aux entreprises les plus endettées et résidant en France ne pourront pas excéder plus de 5 % de leurs fonds propres éligibles.

Quels sont les autres points de vigilance des autorités ?

Le HCSF surveille notamment les opérations financières à effet de levier, tels que les LBO. Les autorités constatent que ce type de financement est en forte et croissance et va de pair avec un assouplissement des clauses contractuelles. Le HCSF garde aussi un oeil sur la dynamique des crédits aux ménages et notamment des crédits à l'habitat alors que les banques  assouplissent leurs conditions d'octroi face à la hausse des prix de l'immobilier. A ce stade, les autorités considèrent cependant que les risques sur ce segment de marché sont « diffus ».


La fin du QE au menu de la prochaine réunion de la BCE - 06/06

La fin du vaste programme de soutien à l'économie mené par la Banque centrale européenne depuis 2015 approche et se précise. Le chef économiste de l'institution gardienne de l'euro, Peter Praet, a confirmé que la réunion du 14 juin sera décisive pour déterminer quand les achats d'actifs (ou « QE ») s'arrêteront. En théorie le QE se termine en septembre prochain. Mais, comme l'anticipe déjà la communauté financière, il a de fortes chances d'être prolongé jusqu'en décembre à  un rythme mensuel inférieur à 30 milliards d'euros pour une sortie en douceur.

Vigueur de l'inflation

« La semaine prochaine, le Conseil des gouverneurs devra évaluer si les progrès réalisés jusqu'à présent ont été suffisants pour justifier une réduction progressive de nos achats nets », a déclaré Peter Praet lors d'un discours à Berlin. « Les signaux montrant une convergence de l'inflation vers notre objectif s'améliorent », a-t-il ajouté. Il s'est même montré convaincu qu'à moyen terme, l'inflation atteindra un niveau proche mais inférieur à 2 %. Une déclaration forte de la part de celui qui est considéré comme une « colombe », c'est-à-dire favorable à un soutien appuyé de la BCE à l'économie.

Dans la foulée de ces déclarations, la monnaie unique a pris jusqu'à 0,49 % face au billet vert à plus de 1,1770 dollar pour un euro. Le taux des emprunts allemands à 10 ans a gagné 5 points de base à 0,415 %. Si l'hypothèse d'une date annoncée lors de la prochaine réunion est prise au sérieux par le marché, elle n'est pas non plus une surprise totale, d'où une réaction modérée des investisseurs. « Pour être honnête, ce n'est pas vraiment une information nouvelle », commentent les analystes de Deutsche Bank. « Laisser le marché dans le noir jusqu'en juillet en ne disant rien n'est pas une option », détaille Neil Wilson de markets.com.Pas une surprise

 

Pour les analystes d'ING, il ne faut toutefois pas s'attendre à des précisions techniques dès la semaine prochaine. Ils parient plutôt sur  des signaux pour une fin du QE , permettant à la BCE de se ménager une marge de manoeuvre maximale. Lors de la réunion de juillet, la BCE pourrait alors dévoiler son plan.

 


Les entreprises en France sont sous la pression des banques pour sortir d'Iran - 21/05

Mardi, Bruno Le Maire et Jean -Yves Le Drian ont eu toutes les raisons d'être confiants : les quelque  soixante entreprises réunies n'ont pasannoncé leur retrait massif d'Iran, malgré  le retour des sanctions .

Les banques font cependant peser un sérieux aléa. Si ces entreprises persistent en République islamique, elles pourraient voir leurs crédits, voire leurs comptes , dénoncés en France par leur établissement bancaire . Et ce, même si celui-ci ne finance pas directement leursactivités iraniennes.

« Dans le cadre de leur activité de prêt traditionnelle, les banques ont imposé aux entreprises des clauses de respect des mesures d'embargo et de sanctions économiques comme condition à l'octroi de crédit qui sont généralement suffisamment larges, pour couvrir un éventuel durcissement de la politique américaine en la matière,  explique en effet Louis de Longeaux, avocat associé chez Herbert Smith . Ainsi, si, en raison de l'évolution de la politique de sanctions, des entreprises viennent à se trouver dans une situation où elles violeraient les sanctions applicables en raison de la poursuite de leurs activités en Iran, les banques pourraient être en droit de dénoncer ces crédits » .

Dans les conventions d' ouverture de compte également, il est souvent stipulé que  « la banque peut se réserver le droit de fermer les comptes de son client , si elle considère que celui-ci mène des activités susceptibles de faire l' objet de sanctions »,  rappelle l'associé .

Des seuils de chiffre d'affaires

Le secteur bancaire français , le plus sévèrement touché en Europe par des amendes liées aux embargos, a pris les devants. Avant même l'annonce de retrait de l' accord nucléaire par Donald Trump, des PMEse sont vues menacées de fermeture de compte si elles dépassaient uncertain seuil de chiffre d' affaires en Iran. Des flux fournisseurs ont été bloqués. Et des salariés d'entreprises détachés dans ce pays ont vuleur compte fermé d' office en France, témoignent des conseils.

Dès la mi janvier_ Donald Trump avait donné 120 jours aux Européens pour durcir l'accord sur le nucléaire_,  « nous avons observé un durcissement de la position des banques vis-à-vis de leurs clients » , confirme Augustin Huyghues Despointes, du cabinet Redbridge.  « Les départements de compliance des banques essaient d'imposer aux entreprises emprunteuses d'apporter la preuve à tout moment, à lademande de la banque, que des procédures de prévention des risques de sanctions sont mises en placeNous nous efforçons de refuser de telles contraintes » .

 

C'est que la menace pour les banques, est, elle, bien réelle. Le rétablissement des sanctions dites « secondaires » a pour conséquencede menacer  « tout acteur intervenant en Iran, d'être inscrit sur la liste noire des autorités américaines, et par voie de conséquence, toutepartie qui contracte avec lui » , rappelle-t-on au sein de l'exécutif.

Les banques instruments de la politique américaine

Les banques sont particulièrement exposées parce que leur trésorerieest fongible _elles ne peuvent pas démontrer qu'elle n'a pas servi à financer un client en Iran. Et parce qu'elles-mêmes doivent respecter des clauses d' emprunt en matière de mesures d'embargo, quand elles se financent sur les marchés.

A travers les banques , « les Etats-Unis sont ainsi parvenus d'une certaine manière à privatiser la veille et la menace de sanctions » , estime Louis de Longeaux. Et ce ne sont pas les seules. Les assureurss'y trouvent contraints aussi.

« En tant que courtier d' assurance , nous avons mis en place uncourant d'affaires avec une compagnie locale iranienne pour l'assurance des marchandises transportées vers l'Iran , explique Emmanuel Pellerin, de Cap Marine, filiale de Siaci Saint-HonoréDepuis quelques jours, notre service juridique nous demande de suspendre toute activité, dans l'attente de connaître l'étendue des sanctions. Les compagnies d'assurance qui avaient autorisé quelques opérations ponctuelles sont en train de vérifier tous les contrats existants et nous mettent en demeure d' arrêter. »

Source : Les Echos


Comment l'Iran peut rebattre les cartes - 09/05

La décision de Donald Trump de se  retirer de l'accord international sur le nucléaire iranien n'a pas, pour le moment, provoqué de tensions boursières. La Bourse de Paris a ouvert quasiment à l'équilibre mercredi matin (le CAC 40 gagnait même 0,08 % peu avant midi), alors que l'indice S & P 500 a terminé en repli de 0,03 % après avoir enregistré une réaction épidermique (-0,65 %) au moment de l'annonce. Pour les investisseurs, l'évolution actuelle du dollar et les bons résultats des entreprises importent plus que la remontée du risque géopolitique dans la région. Pour autant, la décision du président américain pourrait avoir des conséquences indirectes sur les marchés.

Pression haussière sur le pétrole

Les  cours du pétrole sont de nouveau en hausse (+2,85 % pour le Brent, à près de 77 dollars), soit un bond de plus de 15 % cette année. « Ce retrait aurait provoqué un choc bien plus important il y a un an lorsque le baril de brut était à 50 dollars », reconnaît Hasnain Malik chez Exotix Capital.

Pourtant, la plupart des analystes estiment que les marchés avaient déjà intégré l'hypothèse d'un retrait américain. La Société Générale jugeait ainsi début avril qu'un retour des sanctions américaines contre l'Iran aurait un impact haussier de 10 dollars sur le cours du Brent, dont la moitié était déjà dans les cours. Le baril valait à l'époque près de 68 dollars.


D'autant que l'impact attendu sur l'offre de pétrole est jugé limité. « On peut estimer que les ventes à l'étranger seraient réduites de 0,8 million de barils par jour (mbj), peut-être un peu plus. Rappelons qu'en 2012, dans le cadre du jeu précédent de sanctions, la baisse avait été de 1 à 1,2 mbj », rappelle Stéphane Déo, à La Banque Postale AM. Sachant que « la Chine et peut-être la Turquie et l'Inde ne seraient pas sensibles, ou pas trop, aux 'injonctions' américaines ».

Pour Mark Haefele chez UBS, le retrait des exportations iraniennes pourrait même être limité à 0,2-0,5 mbj au cours des six prochains mois, « resserrant ainsi le marché pétrolier, même si cela ne représente qu'une fraction de la production mondiale actuelle de 98 mbj ». En effet, les Etats-Unis poussent certains producteurs, dont l'Arabie saoudite, à compenser la moindre présence du pétrole iranien, pour éviter tout risque de nouveau choc pétrolier. Mais pour UBS, « malgré ces compensations, nous prévoyons quand même une pression à la hausse sur les prix reflétant une plus grande incertitude ».

Répercussion sur les actions européennes

La dénonciation de l'accord iranien est aussi une  mauvaise nouvellepour les entreprises européennes, attirées par un marché de 80 millions de consommateurs. « Disons-le tout net, le contenu de l'annonce de la Maison-Blanche est plus dur qu'attendu. A priori, il va devenir très compliqué et très risqué pour une entreprise travaillant en dollar américain de faire des affaires avec des contreparties iraniennes, reconnaît Stéphane Déo. Même si le retour des entreprises occidentales (plus européennes qu'américaines) sur les marchés iraniens avait été plutôt timide depuis trois ans (l'accord datait de juillet 2015), un certain nombre d'entre elles est concerné ».

Aurel BGC cite notamment Volkswagen, Renault-Nissan, Airbus, PSA et Total. Le courtier est persuadé aussi que « les entreprises actives aux Etats-Unis n'ont clairement pas intérêt à se fâcher avec la Maison-Blanche, en poursuivant comme si de rien n'était leurs activités en Iran ».

Mercredi, sur des marchés boursiers étals, plusieurs valeurs ont d'ailleurs réagi à l'annonce américaine. Si TechnipFMC (+3 %) et Total (+1,08 %) profitent de la hausse du prix du pétrole, Peugeot (-1,28 %), Airbus (-0,86 %) et Renault (-0,9 %) accusent le coup.

 

Plus largement, on peut s'inquiéter de la poursuite de la hausse du prix du pétrole sur les profits des entreprises. Certains groupes ont déjà commencé à signaler l'impact négatif de la hausse du prix des matières premières au premier trimestre. Mark Haefele chez UBS se montre toutefois rassurant : « Dans l'ensemble, les marchés boursiers peuvent supporter des prix du pétrole légèrement plus élevés. Le coup de fouet aux entreprises pétrolières (7 % de l'indice MSCI All Country), devrait aider à compenser les désavantages pour les autres entreprises liés à la hausse des coûts des intrants et aux effets négatifs des factures de carburant plus élevées sur le revenu disponible des consommateurs ».

Retour de bâton pour les Etats-Unis

Le retrait américain sera-t-il l'occasion d'arroser l'arroseur ? Car les Etats-Unis pourraient ne pas en sortir indemnes. D'abord les consommateurs eux-mêmes. « Un prix du pétrole plus élevé enlève du pouvoir d'achat aux ménages et neutralise une partie de l'effet-relance induit par le réglage plus accommodant de la politique budgétaire », prévient Stéphane Déo. Oxford Economics a ainsi calculé que la hausse du prix du pétrole pourrait raboter de moitié l'impact positif de la réforme fiscale de Donald Trump, évaluée à 0,7 point sur la croissance américaine, si le baril WTI devait se maintenir à un niveau de 70 dollars en moyenne cette année.

Par ailleurs, les banques centrales seront aussi très attentives à l'impact inflationniste de la hausse du prix du brut. Une « menace »selon Mark Haefele, car cette hausse, « conjuguée à d'autres contraintes pesant sur l'offre, comme les droits de douane, pourrait soutenir les anticipations inflationnistes - notamment aux Etats-Unis, où l'inflation a déjà atteint l'objectif de 2 % de la Fed ». De quoi réveiller la peur d'une accélération du rythme de resserrement de la Fed ? Un risque qui avait fait  plonger les marchés financiers en début d'année .

Tensions dans le Golfe persique

Les marchés boursiers du Moyen-Orient ont plutôt bien digéré l'annonce de Donald Trump, même si l'indice Tadawul perd 0,85 %. Certes, les pays de la région sont les principaux gagnants de la hausse du prix du pétrole, mais ils pourraient aussi sortir perdant de l'augmentation des tensions dans la région. « Les investisseurs sur les actifs du Golfe vont, une nouvelle fois, être pris entre une montée des risques géopolitiques et la hausse du prix du pétrole, reconnaît Exotix Capital. Depuis une décennie, au moins, le second a généralement exercé un effet - positif - plus important, parce que les lieux les plus exposés au conflit se situaient généralement dans des parties de la région moins représentées sur les marchés actions », comme l'Irak, le Liban, la Syrie ou le Yemen. Mais cette fois-ci cela pourrait être différent alors que les pays en relation avec l'Iran - Dubai, le Koweit, Oman, Pakistan, Turquie, Qatar - occupent « une place plus importante dans les radars des investisseurs étrangers ». De quoi freiner le rebond des Bourses locales, bien orientées en 2018 dans le sillage des prix pétroliers.

Source : Les Echos


La régulation a mis les activités de marchés au régime sec - 12/04

La régulation a mis les grandes banques de financement et d'investissement mondiales au régime sec . La taille des activités de marchés de capitaux de celles-ci (en actifs ) a baissé de près de 40 % entre 2010 et 2016, selon une étude publiée jeudi par l'AFME, une association européenne qui défend notamment les intérêts des banques actives sur ces marchés.

Réalisée avec le cabinet PWCcelle-ci est basée sur un échantillon de 13 grandes banques, parmi lesquelles figurent les françaises Société Générale et BNP Paribas. Selon l'étude, près de deux tiers du déclin des activités de marché de ces établissements est attribuable au  tour de vis réglementaire auquel ils ont dû se plier dans le sillage de la crise.

Les régulateurs appelés à faire leur autocritique

Au regard du choc, les régulateurs devraient analyser davantage ex post les conséquences de leurs décisions , selon l'AFME. Pour l' heure , la régulation n'a pas conduit à des « problèmes majeurs », reconnaît Michael Lever pour l'association, mais son impact est en réalité amorti par la faiblesse des taux. « Ce n' est que lorsque nous verrons des conditions plus normales que l'impact total de la régulation deviendra plus clair », prévient-il.

Les régulations ayant eu le plus d'influence sur les banques sont sans surprise celles qui ont été adoptées dans le cadre de la  réforme prudentielle de Bâle 3 et les ont poussées à détenir davantage de capital (que ce soit en revoyant la définition du capital, en relevant les seuils minimums de fonds propres ou en imposant un ratio de levier).

Un poste de coûts très important

L' application de ces exigences a représenté l' essentiel des coûts réglementaires encaissés par les banques pour leurs activités de marchés de capitaux. Estimés à près de 37 milliards de dollars par an pour l' ensemble de l'échantillon, ces derniers représentaient près de 40 % du total des coûts des banques pour les activités concernées en 2016.

Compte tenu de son coût, la régulation a eu un impact significatif sur  la rentabilité financière des activités de marchés de capitaux : entre 2010 et 2016 la rentabilité des capitaux propres (ROE ) a baissé de 14 points de pourcentage à 3 %, selon l'étude. Les banques ont toutefois pu redresser la barre en réduisant la taille de leur bilan.

Les activités de taux et de crédit touchées de plein fouet

Dans ce cadre, les activités qui ont été le plus touchées après la crise sont les activités de taux (trading sur les titres d'Etat et produits dérivés de taux notamment). Toutefois, au sein de cette ligne de produits, la réduction de la voilure sur les opérations de pension livrée (échange de titres contre de la liquidité ) s'explique aussi par d'autres phénomènes tels que l' injection massive de liquidités réalisée par les banques centrales après la crise.

Les activités de crédit (sur la dette d' entreprise , les prêts ou les dérivés de crédit ) ont également beaucoup souffert après la crise en termes de montants d'actifs des banques. Celles liées aux matières premières ou aux marchés actions aussi. En revanche , les activités de titrisation ou de trading sur les changes ont mieux tiré leur épingle du jeu.

Le choc réglementaire n'est pas fini

L'étude de l'AFME s'en est tenue aux évolutions enregistrées jusqu 'à 2016 faute d'avoir des données complètes sur une période plus récente. L' organisation estime cependant que les tendances relevées par son analyse se sont poursuivies en 2017.

« Nous ne devons pas oublier que même si le Comité de Bâle a terminé ses travaux , de très nombreuses régulations doivent encore être mises en oeuvre », souligne Michael Lever. La  régulation européenne d'organisation des marchés (MIF 2)

Source : Les Echos
 


Lyxor se lance dans la guerre des prix sur les ETF - 09/04

Lyxor, le numéro 3 des ETF en Europe, relance la guerre des prix. La société de gestion de la Société Générale vient, à son tour, de lancer une gamme de produits « low cost » : une quinzaine d'ETF simples (dits « vanille ») calqués sur les plus grands indices actions et obligataires.

Objectif : gagner des parts de marché. Certes, le numéro 1, l'américain iShares (BlackRock) semble intouchable avec ses 300 milliards d'euros d'encours à fin décembre (34 milliards d'euros de collecte en 2017). En revanche, pour Lyxor qui gérait 64 milliards d'euros d'actifs à fin 2017, la place de DWS (73 milliards) n'est pas forcément hors de portée.

Sur les produits d'entrée de gamme, la demande est largement déterminée par les prix et la concurrence fait rage. « En moyenne notre gamme « coeur » d'ETF est environ 40 % moins chère que celles de nos concurrents. Nos frais sur encours sont compris entre 4 et 12 points de base contre 10 à 25 pour la moyenne du marché », détaille Arnaud Llinas, le responsable ETF et gestion indicielle de Lyxor. Chez iShares, le lancement d'une gamme comparable, « core series »  s'était révélé très rentable  : l'accélération des encours avait largement compensé les baisses de prix.

Amundi et Vanguard très agressifs

Jusque-là, Lyxor était légèrement plus cher que ses concurrents, en particulier sur les actions. Le cabinet ETFGI relevait en fin d'année dernière des taux annuels moyens de frais sur encours de 30 points de base pour la filiale de la Société Générale, contre respectivement 29, 28 et 27 pour iShares, Xtrackers (désormais DWS) et UBS. Surtout, Amundi et Vanguard, très agressifs sur les prix, se positionnaient à 23 et 11 points de base.

 

Seuls les gros fournisseurs d'ETF ou ceux qui sont adossés à un grand acteur peuvent amortir les coûts et ainsi participer à la guerre des prix. Amundi par exemple a vu ses actifs sous gestion (numéro 5 avec 38 milliards d'euros d'encours à fin décembre 2017) progresser de 50 % l'année dernière, soit deux fois plus vite que le marché. « Nous avons l'avantage d'être intégrés à un acteur universel incontournable pour les institutionnels comme pour les particuliers, et dont la taille nous permet de proposer des prix très compétitifs », souligne Fannie Wurtz, directeur du métier ETF, indiciel et smart beta d'Amundi.

Doublement des encours en cinq ans

« Nous avons été capables de baisser nos frais car nos encours ont fortement augmenté. Ils ont doublé en cinq ans », explique quant à lui Arnaud Llinas. La société adapte également son offre en transformant l'ensemble de sa gamme en Sicav. L'objectif est désormais de pénétrer le marché des particuliers. « Nous continuons de concevoir des portefeuilles profilés à base d'ETF. Nous sommes actuellement en discussion avec des banques privées ». Les fournisseurs d'ETF à bas coût bénéficient en ce domaine d'un soutien inattendu : la réglementation. Mifid II oblige en effet à plus de transparence sur les frais.

Source : Les Echos


Données clients : les banques ont un trésor encore inexploité - 20/03


Les banques françaises ont encore fort à faire pour exploiter au mieux les données qui pourraient leur permettre de tirer leur épingle du jeu face à la révolution numérique, selon une étude de l'Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR) publiée ce mardi.

« La stratégie des établissements en matière de données ne paraît pas encore tout à fait stabilisée », note ainsi le superviseur qui a interrogé de façon détaillée six banques françaises sur la  transformation digitale en fin d'année dernière.

2018 : une année charnière

La question de l'exploitation des données se pose de façon d'autant plus aiguë que l'année 2018 est celle de l'entrée en vigueur de réglementations structurantes en la matière. La directive européenne sur les services de paiement (DSP2) va obliger les banques à  partager les informations de leurs clients avec des concurrents  habilités par lesdits clients via des interfaces de programmation (API). Par ailleurs, le  règlement européen sur la protection des données personnelles (RGPD)  régit la façon dont ces dernières peuvent être utilisées.

L'ACPR estime que les banques ont encore du travail pour s'adapter à ce nouveau contexte. La gouvernance en matière de protection des données personnelles « est souvent récente et il n'est pas certain que les établissements aient suffisamment avancé sur la mise en place des interfaces de programmation (API) attendues par la DSP2 », note le superviseur.


Des multiples difficultés à surmonter

Par ailleurs, « l'exploitation de certaines données semble se heurter en interne à des difficultés techniques (disponibilité de données), réglementaires (conformité) et organisationnelles (propriété de la donnée en interne) ».

Avant même de s'attaquer à l'exploitation de données externes, par exemple issues des « réseaux sociaux », les banques devraient ainsi miser sur les données de fonctionnement des comptes qui « seraient encore sous-exploitées », note l'ACPR.

Maintenir le contact direct avec les clients

D'autant que,  l'accès aux données des clients est « unanimement » considéré par ces établissements comme un « enjeu stratégique ». Face à  la révolution numérique , les banques interrogées craignent en effet de perdre le contact direct avec leurs clients au profit de nouveaux acteurs proposant par exemple sur une interface unique les produits financiers de multiples intermédiaires.

Ce scénario est aujourd'hui « le plus redouté » par les banques françaises, note l'ACPR. S'il se réalisait, ces dernières se verraient reléguées à la conception des produits financiers et à la gestion des risques associés. D'où l'importance pour elles de rester le partenaire de référence de leurs clients en exploitant au mieux les données générées par l'usage croissant des ordinateurs et téléphones portables.

Sources : Les Echos


Rothschild & Co tire les bénéfices de sa fusion avec Martin Maurel - 13/03

Dans les prochains mois, Alexandre de Rothschild prendra les rênes de la banque d'affaires relancée par son père David il y a près de quarante ans. Une maison consolidée par deux contreforts en 2017 : la banque privée et le capital-investissement.

Rothschild & Co a annoncé mardi des revenus en progression de 12 %, à 1,9 milliard d'euros, et un bénéfice en hausse de 32 % à 236 millions d'euros au titre de 2017.  Sa colonne vertébrale , les fusions-acquisitions, ont généré la moitié des revenus (804 millions d'euros), en repli de 9 % sur un an, après « la performance record de 2016 », souligne le groupe. Le conseil en financement vient compenser ce recul, avec une progression de 34 % sur un an (379 millions d'euros).

Au total, le pôle génère tout de même une marge de 15,7 %, après des investissements significatifs l'an dernier pour  prendre pied en Amérique du Nord et des recrutements au Royaume-Uni, au Japon et en Suisse. « Au plan global, nous observons depuis 2015 une contraction progressive de l'activité en fusions-acquisitions, qui reste à un niveau élevé. Cependant, notre « pipeline » de mandats en valeur est de très bonne qualité et à un niveau proche de celui de 2017 », indique Olivier Pécoux, managing partner de Rothschild & Co.

65 % de marge en capital-investissement

C'est essentiellement la gestion de fortune et le capital-investissement qui ont accéléré la dynamique de croissance du groupe de David de Rothschild en 2017. Le non coté a dégagé une marge de 65 % sur l'exercice, avec un bénéfice avant impôts qui pèse déjà un peu plus de la moitié de celui de la banque d'affaires (120 millions d'euros contre 185 millions pour le conseil financier), pour des revenus six fois inférieurs (185 millions d'euros, +39 %). « Les activités de capital-investissement ont beaucoup de synergies avec nos autres métiers. Nous sommes en phase de désinvestissement, ce qui impacte positivement et d'une façon substantielle les résultats du groupe », explique Olivier Pécoux.

 

L'intégration avec Martin Maurel , elle, a très largement porté ses fruits. Rothschild & Co a propulsé ses revenus de 40 % en banque privée à 514 millions d'euros, dont environ un cinquième est lié au groupe d'origine marseillaise. De quoi supporter les 27 millions d'euros dépensés l'an dernier pour l'intégration de la nouvelle banque. En dehors de cet élément exceptionnel, le bénéfice avant impôts de l'activité atteint 82 millions d'euros, le troisième plus important des pôles de Rothschild & Co. Quant aux actifs sous gestion, ils ont progressé de plus de 13 milliards d'euros sur un an, l'essentiel ayant été apporté par Martin Maurel (10 milliards d'euros).

Montée en puissance des deux moteurs en 2018

« La banque privée s'est fortement développée en France dans un contexte d'intégration de Martin Maurel au sein du groupe. L'équipe dirigeante en Suisse a mis en oeuvre une politique d'optimisation des coûts qui a porté ses fruits. La base d'actifs gérés a par ailleurs augmenté, tout comme en Grande-Bretagne. De ce fait, notre marge opérationnelle dans ce métier est passée de 2 % à 16 % sur une année », souligne Olivier Pécoux.

L'année 2018 devrait confirmer la montée en puissance de la banque privée avec la pleine intégration de Martin Maurel. De même, une nouvelle génération de fonds non cotés sera lancée, en ligne avec celle d'un peu moins de 800 millions d'euros du véhicule principal. En banque d'affaires, Rothschild & Co a d'ores et déjà indiqué s'attendre à une année « stable ».

Source : Les Echos


Les banques classiques peinent à attirer de nouveaux clients - 12/02

Dans les banques traditionnelles, le voyant du recrutement de nouveaux clients vire au rouge. Globalement,  la répartition des parts de marché entre les poids lourds du secteur (BNP Paribas, Société Générale, LCL, CIC, Crédit Agricole, Crédit Mutuel, Caisse d'Epargne, Banque Populaire et La Banque Postale) reste stable mais leur capacité à attirer des nouveaux clients réguliers s'enraie, révèle une étude du cabinet Bain & Company.

Selon cette étude, seules les banques en ligne ont été en mesure de capter des clients en nombre, sur cette période : entre 2015 et 2017, elles affichent un taux de recrutement net moyen de 10,4 %, soit 194.000 nouveaux clients par an.

Perception d'un service dégradé

Sur la même période, les acteurs traditionnels ont de leur côté vu leur base de clientèle stagner ou évoluer à la marge pour les mieux loties. Certains établissements mutualistes affichent une hausse nette de leur base de clientèle moyenne de 1,1 % sur trois ans, soit 102.000 nouveaux clients par an, quand, à l'autre bout du spectre, certaines banques dites « commerciales » ont vu leurs portefeuilles de clients se contracter de 2,1 %, en moyenne sur trois ans, soit une perte de 85.000 clients par an.

En cause ? La concurrence des  offres de compte quasi gratuite de nouveaux acteurs mais aussi la perception de service dégradée qu'ont les clients dans les banques traditionnelles. « Le prix ne fait pas tout, quand la proposition de valeur est perçue par le client, ce dernier est prêt à payer, le succès du compte Nickel l'a démontré. Mais malgré les transformations engagées par les banques traditionnelles en France, les clients ne perçoivent pas encore cette valeur : en 2017 le taux de recommandation de ces établissements (Net Promoteur Score ®) reste très faible, à -5 %, en moyenne », note Ada Di Marzo, associée chez Bain & Company.

Le conseiller est déterminant

Sur ce volet, les banques mutualistes et surtout  le Crédit Mutuel s'en sortent mieux : la banque se classe troisième établissement le plus recommandé par ses clients, derrière ING Direct puis Boursorama. Sur l'ensemble des moments décisifs pour les clients (ouverture d'un compte, souscription d'un crédit, réclamation) le Crédit Mutuel obtient une note de recommandation supérieure aux autres acteurs traditionnels.

« Dans les banques françaises, le conseiller reste souvent au centre du dispositif, sa capacité à satisfaire les besoins des clients est donc très discriminante. Pour beaucoup de clients, la promesse de base qui consiste à obtenir une réponse à leurs e-mails rapidement, à avoir un conseil en cas de difficulté n'est pas remplie », détaille Ada Di Marzo. De fait, 43 % des 11.000 clients interrogés par Bain & Company déconseillent leur chargé de clientèle contre 40 % qui le conseillent. Globalement, la qualité de la relation des clients avec leurs chargés de clientèle est citée comme la principale raison de satisfaction ou d'insatisfaction.

Un client sur quatre est prêt à partir

L'inertie des clients reste forte : malgré  le lancement d'Orange Bank et l'entrée en vigueur de la loi Macron qui facilite le changement de banque, seuls 4,5 % de clients ont changé de banque au cours de l'année, contre 4,3 % en 2016. Mais ce sont principalement des clients jeunes et aisés : le taux d'attrition atteint un maximum de 7 % pour les 25-34 ans et de 5 % pour les clients dont le revenu annuel est compris entre 60.000 euros et 79.999 euros.

Et le mouvement risque de s'accélérer : selon Bain & Company un client sur quatre se dit prêt à changer de banque dans les douze prochains mois. « Le taux d'attrition du secteur bancaire a doublé en trois ans, c'est le signe que le mouvement est structurel. Reste à voir si les nouveaux entrants parviendront à accélérer leur rythme d'acquisition de clients », fait valoir Ada Di Marzo.

Source : Les Echos


 


MIFID II est devenue une catastrophe pour l'analyse indépendante - 01/02

« MIFID II est un vrai cauchemar ». Le cri est poussé par un analyste financier indépendant, qui n'est pas adossé à une grande banque d'investissement.  Cette directive européenne sur les marchés d'instruments financiers est entrée en vigueur le 3 janvier avec une conséquence majeure pour la recherche financière : les notes distribuées gratuitement sont devenues payantes . « Je n'arrive plus à avoir aucun contact avec les gérants , témoigne une analyste indépendante spécialisée sur les petites valeurs. Mes mails me sont renvoyés. Les gérants n'ont pas le droit de les ouvrir ». « Du coup, je rencontre un vrai problème pour distribuer ma recherche » ajoute-t-elle. Pourtant, dans son cas, sa recherche a déjà été financée par l'émetteur lui-même. Elle est donc gratuite pour les gérants, ne les engage à rien et donc ne présente aucun risque.

Certains gérants ont tellement peur qu'ils surréagissent

« Certains gérants ont peur de leur ombre. Ils craignent tellement de ne pas être d'équerre avec la nouvelle réglementation qu'ils surréagissent », note le directeur de la recherche d'une grande banque d'investissement. Depuis début janvier, les relations entre gestionnaires et fournisseurs de recherche sont très encadrées. « Il y a les analystes avec qui nous avons choisi de travailler et avec qui nous avons signé un contrat en ce sens. Nous recevons leur recherche, nous les sollicitons ou ils nous appellent. C'est clair. Il y a aussi ceux avec qui nous avons décidé de ne pas travailler et nous n'avons donc pas à avoir de relations avec eux. C'est aussi très clair », explique un gérant.

Quid des fournisseurs de recherche avec qui la société de gestion n'a encore rien décidé ? Car au 3 janvier dernier, tous les gérants n'avaient pas encore arrêté la liste complète de leurs fournisseurs. Dans ce cas précis, les sociétés de gestion peuvent encore continuer à recevoir cette recherche.

Laver plus blanc que blanc

Mais, pour éviter tout ennui avec le régulateur, certains gérants préfèrent laver plus blanc que blanc. Car in fine, en cas de contrôle par l'Autorité des Marchés Financiers ( AMF), ce sera leur responsabilité de prouver qu'en aucun cas, ils n'ont fait travailler un fournisseur de recherche gratuitement, c'est-à-dire avec un risque de rémunération cachée. Du coup, il est plus simple techniquement de mettre en place un outil informatique qui rejette systématiquement les mails des analystes financiers avec qui la société de gestion n'a pas décidé de travailler...

 

Les prix cassés

La situation  est d'autant plus dure pour les analystes indépendants que certaines grandes maisons n'ont pas hésité à casser les prix pour rester référencées chez leurs grands clients . « JP Morgan a proposé de l'analyse financière à 10 000 dollars. Ce qui est très peu. Si les gérants n'ont pas forcément souscrit à cette offre car des prix bas suscitent de la méfiance, l'impact a été désastreux sur l'industrie. De nombreux brokers se sont engouffrés dans la brèche ; les prix ont chuté. Nous n'avons pas eu d'autre choix que celui de nous aligner. Mais comment allons-nous réussir à préserver une certaine rentabilité ?  », s'inquiète un analyste.

Autre point compliqué, les analystes indépendants n'ont plus aucune raison d'appeler les gérants avec qui ils n'ont pas passé de contrat. « Les brokers qui passent les ordres des gérants leur parlent. Ils peuvent faire des commentaires de marché à leurs clients. Dans ce cadre, ils peuvent glisser un peu d'analyse financière. Sauf à écouter les bandes enregistrées - ce que personne n'a le temps de faire - personne ne saura que les commentaires de marché sont en fait de la recherche payée par les commissions d'exécution, comme avant », s'indigne un analyste financier indépendant.

Vers un deuxième round de négociation

La situation a-t-elle des chances de s'améliorer ? Certains analystes plus optimistes sont convaincus que les gérants vont se rendre compte qu'ils n'ont pas choisi assez de fournisseurs d'analyse ou pas les bons. Ils attendent avec impatience un deuxième round de négociations.

Source : Les Echos


Taux : l'ère de l'argent gratuit touche à sa fin - 29/01

Plus de dix ans après la crise financière, l'époque de l'argent gratuit s'achève enfin. Depuis le début de l'année, les taux des Etats européens et américain grimpent. Ce lundi, le coût d'emprunt à 5 ans de l'Allemagne est repassé en territoire positif pour la première fois depuis 2015. Tout un symbole. L'emprunteur le plus sûr de la zone euro n'est plus rémunéré par ses créanciers pour se financer au-delà de 5 ans. Dans la même veine, le taux à 10 ans de la Suisse est repassé au-dessus de 0 % la semaine dernière. Désormais, plus aucun Etat ne se finance à taux négatif sur cette maturité.

La fin du QE de la BCE

Le retour à la normale est véritablement enclenché. La solidité de la croissance mondiale pousse les banques centrales à faire marche arrière après des années d'un intense soutien, qui s'est traduit par l'achat de montagnes de dette émise par les gouvernements. Dans la zone euro, cette politique dite d'« assouplissement quantitatif » (QE) pourrait s'arrêter à l'automne prochain.

Le débat anime la Banque centrale européenne (BCE). Lors d'un discours à Bruxelles ce lundi, l'économiste en chef de l'institution, Peter Praet, réputé favorable au maintien d'un stimulus monétaire, a tenté de calmer les spéculations sur la fin du programme, en rappelant que « les pressions inflationnistes intérieures restent modérées, malgré la solide reprise ». Un discours qui contraste avec celui du Hollandais Klaas Knot, qui vient de plaider pour un arrêt des achats de titres le plus tôt possible, à partir de septembre. Les voix en faveur d'un retour à une politique monétaire ordinaire tendent d'ailleurs à se multiplier. Même le Français Benoît Coeuré, membre du directoire de la BCE, autrefois considéré comme une « colombe », juge que l'on est proche d'un tournant.

Déclarations du gouverneur de la Banque du Japon

Lors de la dernière réunion de la BCE, jeudi dernier, le président de l'institution, Mario Draghi, tout en étant très prudent dans ses commentaires, a finalement conforté un nombre croissant d'intervenants dans l'idée que la fin du QE était proche. « La BCE signale lentement mais sûrement que le programme s'achèvera en 2018, estime Samy Chaar, chez Lombard Odier. A partir de septembre, le sujet sera de gérer les attentes du marché en ce qui concerne la hausse des taux ». Laurence Boone, chez AXA IM, livre cette analyse : « au fur et à mesure que l'inflation remontera, les indications prospectives sur la fin du QE seront signalées, en précisant le rythme auquel la BCE passera de 30 milliards d'euros d'achats par mois à zéro après le 30 septembre [...] La BCE commencera à normaliser les taux seulement lorsque les achats d'actifs seront réduits aux seuls réinvestissements ».

 

La Banque du Japon, qui est la moins avancée dans le cycle de retour à la normale, est aussi au centre de l'attention. « Les commentaires du gouverneur Haruhiko Kuroda à Davos risquent de continuer d'entretenir la spéculation sur la normalisation [de la politique monétaire] », soulignent les analystes de Nomura. Celui-ci a déclaré que « l'inflation commençait enfin à approcher de la cible de 2 % ». La banque centrale a dû ensuite intervenir pour préciser qu'elle n'avait pas révisé ses prévisions.

Importantes levées de dette

Dans cette configuration que certains qualifient de « resserrement quantitatif », la tension sur les taux paraît d'autant plus inéluctable que les quantités de dette émise par les Etats vont demeurer importantes. C'est particulièrement vrai aux Etats-Unis, au regard de la politique menée par le président Donald Trump. Les taux américains à 10 ans sont déjà au plus haut depuis 2014, à 2,69 %.

Dans la zone euro, les  gouvernements vont lever environ 860 milliards d'euros , soit moins que l'an passé, mais certains comme la France vont placer des montants records sur les marchés (plus de 200 milliards d'euros en brut). Avec plus de « papiers » et moins d'acheteurs (les banques centrales), le coût d'emprunt doit remonter. La France se finance à 10 ans à quasiment 1 %.

 

 


MIFID II : les six clés d'une réforme - 03/01

Pourquoi MIFID II ?

MIFID II a été négocié en 2010. En 2007, MIFID I avait mis fin au monopole des entreprises de marché (équivalent des bourses) et permis la concurrence, sur les marchés actions, des lieux d'exécution des ordres. Mais cette réglementation n'a pas rencontré le succès escompté. La transparence sur les marchés n'a pas été améliorée et la crise de 2007-2008 a mis en évidence le manque de liquidités, les défauts de règlements-livraisons et le contournement du principe de transparence en passant par des plates-formes très secrètes qualifiées de « dark pools ».

La Commission européenne a du coup envisagé une révision de cette réglementation d'autant que dans le même temps, il a fallu aussi mettre en oeuvre les recommandations du G20 de Pittsburgh de 2009. MIFID II veut ainsi s'attaquer aux zones d'ombre sur les marchés de gré à gré en fort développement, notamment pour les produits dérivés. Elle veut aussi oeuvrer pour une meilleure sécurité des investisseurs en s'assurant que les consommateurs comprennent parfaitement bien les produits financiers dans lesquels ils investissent.

Pourquoi MIFID II inquiète les praticiens et pourquoi tous les acteurs ne sont pas encore tout à fait prêts ?

Les sujets couverts sont extrêmement variés et les règles très détaillées. Au total, pas moins de quarante textes d'application complètent la directive et le règlement européen. Sans parler des 400 documents de questions-réponses publiés par le régulateur européen, l'ESMA. En 2007, MIFID I ne comptait, elle, que trois textes. « C'est une tâche que même Hercule dans ses bons jours n'oserait entreprendre »  avait glissé l'association des banques et banquiers du Luxembourg (ABBL) lors de la consultation entreprise par l'ESMA pour entendre le point de vue de la place en 2014.

 

MIFID II devait entrer en application début 2017, mais a été reportée d'un an, car trop lourde et complexe à mettre en place. Pour autant, tous les acteurs financiers ne sont pas encore tout à fait prêts en ce début d'année 2018. Certaines réponses n'ont été apportées par le régulateur européen que très tardivement, à la mi-décembre. Des questions restent encore non résolues. Les autorités de marchés nationales en ont bien conscience. Elles ont fait savoir qu'elles seraient indulgentes dans les premiers temps et qu'elles ne sanctionneraient pas les établissements dont les pratiques ne seraient pas totalement conformes aux règles édictées.

Certaines chambres de compensation, notamment en Allemagne (Eurex) ou au Royaume-Uni ont d'ailleurs, obtenu, ce jour, de la part du régulateur national un délai supplémentaire de 30 mois pour ouvrir leur système à tout négociateur qui le demanderait.

Comment MIFID II insuffle plus de transparence sur toutes les classes d'actifs ?

MIFID I n'imposait la transparence (avant et après négociation) que sur les quelques milliers d'actions admises aux négociations sur un marché européen réglementé (soit environ 6.000 actions). MIFID II innove en étendant les obligations relatives à la transparence à des centaines de milliers d'instruments financiers. Sont donc concernés les obligations, les produits financiers structurés, les quotas d'émissions de CO2 et les instruments dérivés. Des dérogations peuvent être accordées mais elles sont encadrées et limitées.

Autre apport majeur de MIFID II : la directive oblige les acteurs de marché à négocier les actions au moins sur une plate-forme. Cette nouvelle contrainte permettra de limiter la part des transactions exécutées de gré à gré. En effet, l'exécution de gré à gré des actions sera limitée aux transactions non systématiques, ad hoc, occasionnelles, et peu fréquentes ou aux transactions exécutées entre professionnels et/ou contreparties éligibles et ne contribuant pas à la formation du prix.

Les dérivés soumis à l'obligation de compensation centrale et qui seront jugés suffisamment liquides par le régulateur européen, l'ESMA, devront aussi être obligatoirement négociés sur des plates-formes. Mais tous ne sont pas concernés dès le 3 janvier. Leur population sera amenée à s'accroître progressivement au fur et à mesure que certaines classes de dérivés seront soumises à l'obligation de compensation. Elle ne concerne dans un premier temps que les instruments dérivés de taux.

Comment MIFID II améliore la protection des investisseurs ?

L'objectif de MIFID II est de s'assurer que de la conception à la distribution, l'intermédiaire financier vend le bon produit au bon client. Il s'agit de mieux cerner les besoins du client et de lui proposer des solutions adaptées à son profil de risque. MIFID II a aussi pour but de délivrer au client plus d'information sur les coûts, les charges et les frais qu'il va devoir supporter non seulement au moment de l'achat du produit mais aussi tout au long de la vie de ce placement.

Par ailleurs, le régime existant en matière d'encadrement des rétrocessions de commissions (dites « inducements ») est renforcé, pour les activités de conseil en investissement indépendantes, ainsi que celles de gestion sous mandat.

Comment MIFID II prévient des risques du trading haute fréquence ?

MIFID II veut éviter les risques de fonctionnement désordonné du marché liés aux innovations technologiques et que celles-ci soient détournées pour manipuler le marché.

La négociation algorithmique permet d'effectuer une transaction financière où les différents paramètres de l'ordre d'achat ou de vente sont déterminés informatiquement et automatiquement sans intervention humaine.

MIFID II harmonise le pas de cotation, c'est-à-dire l'écart minimal entre deux prix directement consécutifs sur un même titre. Les algorithmes cherchent en effet à profiter d'écarts de prix microscopiques, mais qui, réalisés à haute fréquence, permettent des gains substantiels.

Comment MIFID II met en place une régulation plus contraignante pour les matières premières ?

En plus des dispositions qui seront applicables à l'ensemble des dérivés, MIFID II prévoit des dispositions spécifiques aux dérivés sur matières premières. Ainsi, les détenteurs de positions sur ces dérivés sont soumis à une obligation de déclaration et à des limites de position. Un régime d'exemption est néanmoins prévu pour les participants de marché dont l'activité sur dérivés sur matières premières est accessoire par rapport à leur activité principale.

Source : Les Echos


Les épargnants n'ont pas encore pris le virage du digital - 13/12

Les Français ont beau être de plus en plus nombreux à dépenser leur argent sur Internet , ils n'ont pas encore le réflexe de se tourner vers la Toile pour placer leurs économies.

Quelque 84 % des épargnants ne connaissent pas du tout (56 %) les « solutions d'épargne digitale » ou en ont simplement entendu parler (28 %), selon une enquête réalisée auprès de 1.700 Français et présentée ce mardi par le cabinet de conseil Deloitte avec la start-up spécialisée sur l'épargne en ligne  Wesave .

Les « solutions d'épargne digitale » sont pourtant relativement nombreuses sur le marché français. Elles renvoient aux offres des courtiers en assurance-vie et autres placements tels que Linxea ou Altaprofits, ou encore à celles des jeunes spécialistes du conseil financier automatisé tels que Wesave,  Yomoni ou Nalo .

Les plus aisés connaissent mieux les offres numériques

L'ensemble de ces offres sont un peu mieux connues des épargnants qui ont au moins 25.000 euros à investir, selon l'étude (celle-ci exclut de son champ les banques en ligne et les acteurs du financement participatif). Ainsi, près de 25 % de ces investisseurs dits « patrimoniaux » connaissent ces solutions numériques ou y ont souscrit. Reste qu'une grande partie de ces mêmes épargnants (43 %), a priori plus avertis, n'ont jamais entendu parler des offres digitales.

« Il faut que l'on se fasse mieux connaître », concède sans peine Jonathan Herscovici, le fondateur de Wesave. Selon l'entrepreneur, cette méconnaissance des offres des placements en ligne s'explique notamment par le rôle majeur que continuent de jouer les conseillers bancaires, logiquement peu enclins à renvoyer leur clientèle vers des offres en ligne concurrentes. Or, selon l'étude, pas moins de la moitié des Français se tournent vers le conseiller de leur banque lorsqu'ils ont des questions relatives à l'épargne.

Un très fort besoin de contact humain

L'enquête montre également que les personnes qui ne souhaitent pas placer leur épargne en ligne, invoquent très souvent un manque de connaissance de l'offre. Mais la confiance reste également un enjeu. Quelque 34 % des réfractaires à l'épargne numérique justifient leur aversion par le manque de confiance dans l'acteur qui propose le placement.

Les offres en ligne ont par ailleurs tendance à rebuter les personnes qui ont besoin de dialoguer. 41 % des sondés qui refusent l'épargne digitale expliquent avoir « besoin d'un contact humain ». D'ailleurs, la méfiance vis-à-vis des algorithmes est relativement forte. Alors que les robots-conseillers misent sur ces derniers pour automatiser une partie des processus liés au conseil financier, 23 % des épargnants hostiles à l'épargne numérique font valoir qu'ils ne veulent pas que leur argent « soit soumis à des algorithmes, même partiellement ».

Si la plupart des Français n'ont de toute évidence pas encore pris le virage digital, les choses sont en train de changer, selon certains. « On constate vraiment sur ces deux dernières années une accélération [des souscriptions] », assure ainsi Stéphane Carlucci, directeur général du courtier en assurance-vie Linxea.

Source : Les Echos


La facture du Brexit s'annonce (très) salée... pour tous les pays européens - 04/12

Ce lundi, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et le chef des négociateurs communautaires Michel Barnier ont prévu de rencontrer les parlementaires européens lundi les informer de l'état d'avancement des négociations sur le Brexit. Cette rencontre se tiendra deux heures avant celle attendue entre les représentants des Vingt-Sept et la Première ministre britannique Theresa May. Cette dernière doit normalement formuler des propositions concrètes notamment sur le montant de la facture du divorce.

Ce montant pourrait s'élever à 60 milliards d'euros par an, indique pour sa part l'institut allemand Ifo, dans un communiqué publié samedi. La presse britannique avait évoqué un chiffre compris entre 45 et 55 milliards d'euros. Chiffre démenti la semaine dernière par le négociateur en chef de l'UE sur le Brexit, Michel Barnier, rappelant que pour le moment aucun accord n'avait été conclu.

Le chiffre avancé par l'Ifo se base sur les projections faites par les experts du réseau de recherche EconPol, rattaché à l'institut, en prenant un scénario de référence qui évaluent le coût des transactions en appliquant les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

 

La nouveauté de l'estimation est d'évaluer le préjudice économique du Brexit non seulement pour la Grande-Bretagne mais aussi pour les 27 pays membres de l'Union européenne.

En effet, du côté de la Grande-Bretagne, les coûts de transaction seront supérieurs de 16 milliards d'euros par an à l'économie liée à la suspension de sa contribution budgétaire à l'UE.

Du côté du continent, le manque à gagner entraîné par le retrait de la Grande-Bretagne additionné au coûts de transaction se soldent par une perte de 44 milliards d'euros par an.

Des frais qui pourraient être divisés de moitié

Cette facture pourrait néanmoins être réduite si les deux parties s'accordaient sur un autre scénario. « Avec un accord de libre-échange, les frais supplémentaires occasionnés par la détérioration du commerce pourraient être réduits de plus de la moitié », explique le président de l'Institut ifo Clemens Fuest, dans un communiqué.

Dans un tel scénario, les pertes totales pour l'UE s'élèveraient à 27 milliards d'euros, et la Grande-Bretagne se rapprocherait d'une opération neutre, la suspension de la contribution nette au budget de l'UE compensant plus ou moins l'augmentation des coûts de transaction pour la Grande Bretagne.

C'est un point partagé par le leader de l'opposition travailliste en Grande-Bretagne, Jeremy Corbyn, qui a le vent en poupe face à une Première ministre Theresa May, qui a perdu sa majorité absolue en juin lors des législatives anticipées, et n'arrive pas à s'imposer dans un camp conservateur de plus en plus miné par les divisions. Jeremy Corbyn, qui participait samedi à une réunion des partis sociaux-démocrates européens à Lisbonne (Portugal), a réaffirmé vouloir respecter le résultat du premier référendum, tout en n'écartant pas si la situation l'exigeait de devoir organiser un deuxième référendum.

Garantir la résidence des citoyens de l'UE sur le sol britannique

En attendant, il a affirmé que si les travaillistes revenaient au pouvoir aux prochaines législatives: « Nous légifèrerions immédiatement pour garantir la résidence en Grande-Bretagne de tous les citoyens de l'Union européenne qui y vivent et y travaillent et également leur droit à faire venir leur famille ». Il a ajouté : « Nous négocierons les problèmes de relations avec l'Europe sur la base d'une relation de libre-échange avec l'Europe ». Ce qui rejoint les préconisations des experts de l'institut Ifo.

Source : La Tribune


Régulation bancaire : un accord international cette semaine ? - 04/12

Alors que les négociations patinent depuis des mois, un terrain d'entente est sur le point d'être trouvé au courant de la semaine sur  la régulation des banques .

C'est ce qu'a fait savoir le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau en déplacement au Japon, qui s'est montré ouvert à un compromis.

La France a été dernièrement le principal obstacle à l'adoption  des nouvelles règles dites « Bâle III » , qui pourraient contraindre certaines banques à renforcer encore leurs fonds propres pour éviter de nouvelles crises financières.

Un accord informel avant la réunion

Des sources proches des négociations avaient dit que le Groupe des gouverneurs de banque centrale et des responsables du contrôle bancaire (GHOS), instance de direction du Comité de Bâle, ne se réunirait pas jeudi si un accord n'était pas intervenu de manière informelle.

« J'ai bon espoir que nous finaliserons un accord équitable et raisonnable lors de la réunion du GHOS jeudi prochain », a déclaré le gouverneur lors d'un discours prononcé à l'université Waseda de Tokyo. Les mesures prévues sont pour l'essentiel déjà appliquées et le Comité de Bâle s'efforce depuis plus d'un an de mettre en place les derniers éléments d'un accord.

Une entrée en vigueur étalée sur plusieurs années

Le compromis envisagé sur ces éléments  fixe un « plancher » sur le niveau de fonds propres imposé aux banques, y compris pour celles qui utilisent leur propre « modèle interne » pour calculer ce matelas et évaluer la qualité de leurs actifs. L'impact de ces mesures pour les établissements financiers concernés pourrait toutefois être atténué par une entrée en vigueur étalée sur plusieurs années.

François Villeroy de Galhau, qui siège aussi au Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, a ajouté que la priorité maintenant serait de mettre en oeuvre le nouvel accord et de veiller à ce qu'il n'y ait pas de retour en arrière.

Une dérégulation préparerait la prochaine crise

« Une dérégulation unilatérale ne serait rien moins qu'un scénario perdant-perdant avec de graves conséquences pour la stabilité du système financier mondial - ce serait préparer le terrain à la prochaine crise financière - et pour le paysage concurrentiel des banques américaines, japonaises et européennes », a-t-il dit.

Pour le gouverneur de la Banque de France, la montée en puissance du protectionnisme menace le commerce international. « Nous, Européens et Japonais, épaule contre épaule avec le Canada et d'autres, devons résolument défendre les relations économiques internationales fondées sur des règles et des institutions multilatérales respectées par tous », a-t-il déclaré. Le gouverneur s'est également montré rassurant, ne voyant aucune bulle en Europe.

Le bitcoin, un actif spéculatif

Avant d'arriver dans l'Archipel, le gouverneur a fait une étape à Pékin où il a tenu  un discours sur le bitcoin , une monnaie numérique qui attire toute l'attention en ce moment après s'être  envolée au-delà de 11.000 dollars .

« C'est un actif spéculatif. Sa valeur et sa forte volatilité ne correspondent à aucun sous-jacent économique et ne sont la responsabilité de personne. La Banque de France tient à rappeler que ceux qui investissent en bitcoin le font totalement à leurs risques et périls », a insisté le gouverneur.

Sources : Les Echos

 


La Chine fait sauter les verrous de son système financier - 13/11

La Chine se donne cinq ans pour ouvrir son système financier. Le plafond des participations des sociétés étrangères dans les coentreprises de courtage de valeurs mobilières et de dérivés, et de fonds d'investissement, ainsi que dans les banques et les gérants d’actifs a été relevé à un niveau de 51%, avec un effet immédiat, ce qui leur permettra désormais de devenir majoritaires. Ce nouveau plafond sera entièrement supprimé au bout de 3 ans, hormis pour les banques et les gérants d’actifs, et étendu aux compagnies d'assurance vie après un délai de 3 ans, puis levé au bout de 5 ans. Le vice-ministre des finances chinois, Zhu Guangyao, a ainsi fortement insisté sur le fait que les règles qui empêchent actuellement les étrangers de détenir une participation majoritaire dans les banques chinoises seront supprimées.

«La décision du gouvernement chinois d’autoriser les sociétés étrangères d’acquérir jusqu’à 51% des actions des coentreprises représente un pas important vers l’ouverture du système financier chinois», estime UBS, qui compte ainsi en profiter pour accroître son poids au sein de UBS Securities. Le poids des banques étrangères dans les actifs des établissements chinois a fondu à 1,26% à la fin de l’année 2016 (soit un montant de 2.900 milliards de yuans), le plus bas niveau depuis 2003, après avoir atteint 2,4% en 2007. Lassés d’attendre un geste de Pékin, Citigroup et Deutsche Bank ont cédé l’an dernier leurs participations de 20% au sein de China Guangfa Bank et Hua Xia Bank, après Goldman Sachs et Bank of America en 2013. HSBC a conservé 19% dans Bank of Communications.

Cette décision est intervenue juste après la visite de Donald Trump à Pékin placée sous le signe d’une volonté partagée de rééquilibrage des échanges bilatéraux entre les deux pays et dans un contexte où les investissements étrangers en Chine se tassent, alors que ceux de la Chine à l'étranger ont accéléré et notamment dans la finance. Malgré un renforcement des contrôles des changes, les sorties de capitaux se sont poursuivies à un rythme cependant en net ralentissement, estimé par Natixis à 80 milliards de dollars au cours du troisième trimestre. Deutsche Bank pense que cette nouvelle mesure d’ouverture du capital des banques chinoises devrait permettre de «faciliter les entrées de capitaux directs étrangers, et ainsi de compenser une partie des mouvements de flux sortants».

Source : L'Agefi


Recherche indépendante : Wall Street n'en veut pas - 17/10

Ce n'est pas la première fois que les banques américaines tordent le nez à l'idée de se conformer à une réglementation européenne. Mais cette fois, ce sont les investisseurs eux-mêmes qui les y enjoignent. Depuis des mois, les grandes maisons de Wall Street militent auprès des régulateurs américains pour éviter qu'une disposition imposée par Bruxelles en Europe ne soit importée outre-Atlantique.

En vertu de la  directive européenne Mifid II , les banques et courtiers devront à partir du 1er janvier prochain cesser d'offrir gratuitement les notes de recherche produites par leurs analystes aux clients qui leur confient l'exécution de leurs ordres de marché. Une petite révolution : traditionnellement, la recherche constitue pour elles un argument de vente auprès de la clientèle des investisseurs. Mais Bruxelles considère que ce système, dans lequel les commissions financent indirectement la recherche, est peu transparent et nuit à la fois à la qualité de la recherche et à celle de l'exécution des ordres.

Levée de boucliers

La réforme, qui s'applique aux banques américaines qui ont des clients en Europe, a suscité une levée de boucliers outre-Atlantique, où elle entre en conflit avec la réglementation nationale. Et les grandes banques - Goldman Sachs en tête - militent auprès de leurs régulateurs pour obtenir un aménagement sur mesure qui leur éviterait un big bang similaire sur le marché américain.

 Acheter séparément le courtage et la recherche réduirait significativement les coûts pour les investisseurs 

Elles ont de bonnes raisons de prendre les devants. « Acheter séparément le courtage et la recherche réduirait significativement les coûts pour les investisseurs, décrypte Tyler Gellasch, à la tête de  Healthy Markets Association , qui milite pour plus de transparence sur les marchés. Ces gains seraient répercutés dans les rendements, puis aux épargnants ».

Suivre Bruxelles

Pour  le lobby de l'industrie financière (SIFMA), la disponibilité continue de la recherche est essentielle au dynamisme et à la santé des marchés. L'organisation pointe aussi un problème réglementaire : pour pouvoir facturer séparément recherche et courtage, les banques devraient opter pour le statut de conseiller en investissement, s'imposant au passage une couche de réglementation supplémentaire.

Principaux bénéficiaires, les investisseurs voient au contraire dans la démarche européenne une réforme bienvenue. Le Council of Institutionnal Investors, qui représente une centaine de fonds de pension et fondations américains, a récemment appelé, dans un courrier, le président du gendarme des marchés (SEC) Jay Clayton à suivre Bruxelles. « La SEC devrait permettre de délier la recherche du courtage pour tous les investisseurs, y compris ceux des Etats-Unis »,  écrit son dirigeant Jeff Mahoney . A ses yeux, les investisseurs doivent pouvoir « acheter et prévoir un budget pour ces services, comme ils le font pour n'importe quelle autre dépense »

Sources : Les Echos

 


Blockchain : les banques multiplient les projets d'exploration - 17/10

Les banques multiplient les initiatives pour exploiter le potentiel de la chaîne de blocs (« blockchain »). Cette technologie informatique qui a sous-tendu le développement du la cryptomonnaie, bitcoin , consiste en l'établissement de registres de données décentralisés. Les banques tentent de lui trouver des applications dans divers domaines, avec l'espoir d'accélérer, sécuriser et réduire le coût de leurs transactions.

Dernier exemple en date : mardi, huit banques, dont deux françaises, réunies en consortium, ont annoncé qu'elles allaient rapidement mettre en musique leur projet d'utilisation de la chaîne de blocs dans le domaine du financement du négoce. Les établissements (Société Générale, Natixis, Deutsche Bank, HSBC, KBC, Rabobank, Unicredit et Banco Santander) vont créer une coentreprise d'ici à la fin de l'année qui gérera et distribuera leur solution.

La solution doit être commercialisée au printemps 2018

Tout juste rebaptisé « we.trade. » (au lieu de « Digital Trade Chain »), « ce nouveau produit va simplifier les opérations de financement du commerce international pour les entreprises en s'attaquant aux défis que représentent la gestion, le suivi et la sécurisation des transactions domestiques et internationales », expliquent les membres du consortium dans un communiqué.

L'objectif de ces derniers est de tester leur solution dès le mois de février prochain et de la commercialiser à partir du second trimestre 2018. L'initiative a vocation à prendre de l'ampleur. « Nous invitons les autres banques à rejoindre la plateforme en tant que membres du consortium », soulignent les prêteurs, récemment rejoints par Banco Santander.

Des initiatives tous azimuts

Cette annonce intervient alors que BNP Paribas et EY ont annoncé mardi  avoir développé un projet pilote pour mettre la technologie « blockchain » au service de la gestion de la trésorerie de la banque. L'idée est d'étendre les plages horaires pendant lesquelles le groupe peut transférer des liquidités entre ses différentes entités.

Lundi, JP Morgan a par ailleurs annoncé avoir mis en place un nouveau processus de gestion de paiements également basé sur la « blockchain ». La banque d'investissement américaine a fait alliance avec Royal Bank of Canada et Australia & New Zealand Banking Group pour développer son réseau d'information interbancaire. Aux dires de ses développeurs, celui-ci doit permettre aux bénéficiaires de recevoir leurs paiements plus rapidement et de façon plus sécurisée.

Source : Les Echos


Banquiers et assureurs aux prises avec leur régime de TVA - 05/10

C'est un sérieux casse-tête qui s'amorce pour les directeurs fiscaux du secteur financier. Fin septembre la Cour de Justice de l'Union européenne a déclaré non conforme au droit communautaire les méthodes selon lesquelles les banques et les assureurs français réduisent l'impact de la TVA sur leurs comptes annuels.

Une mécanique très utilisée

Dans le détail, « la Cour a considéré que seules les entreprises qui ont une activité d'intérêt général peuvent créer des entités dédiées (groupements de moyens) en vue d'exonérer de TVA les services réalisés au bénéfice de leurs membres», explique Elvire Tardivon-Lorizon, avocate associée chez Grant Thornton Société d'Avocats.

Cette mécanique est pourtant très utilisée par le secteur financier pour exonérer de TVA les services informatiques ou financiers qui sont rendus par leurs filiales. Elle permet aux banques de compenser le fait qu'elles s'acquittent de la TVA auprès de leurs fournisseurs sans pour autant pouvoir la répercuter à leurs clients.

« Si le régime actuel devait sauter, notre charge annuelle de TVA pourrait augmenter de près de 13 % par an », alerte un autre directeur fiscal dans une grande banque, qui s'inquiète des conséquences de cette décision européenne dans l'Hexagone. « Quand le juge communautaire prend une décision, elle a un effet direct sur les pratiques des Etats membres, il va falloir trouver une solution pour éviter une aggravation de  la pression fiscale  ».

Bercy veut se donner du temps

Soucieux de rassurer et de se donner du temps, Bercy fait valoir que les pratiques du secteur financier ne sont, pour le moment, pas hors-la-loi : « l'arrêt de la Cour n'a pas d'effet direct sur les entreprises, pour cela il faut d'abord faire évoluer le droit national. Il n'y a donc pas d'urgence à agir, l'arrêt ne fait pas s'effondrer le régime actuel même s'il est vrai qu'il le fragilise », reconnaît le ministère qui se consacre pour le moment à « une analyse approfondie » des impacts.

Pour s'assurer qu'il n'y aura  aucune surcharge fiscale , certaines banques plaident pourtant pour l'adoption, dès à présent, d'un nouveau régime. « Le régime dit de « TVA de groupe » nous permettrait d'être considéré comme un seul assujetti fiscal et nous assurerait une exonération de TVA pour tous les services qui sont rendus par nos filiales au sein des groupes bancaires ou assurantiels », fait valoir ce dernier responsable fiscal.

Faire évoluer le droit européen

Une option à laquelle Bercy n'est a priori pas favorable. « Nous avons plutôt dans l'idée de modifier le texte européen », fait valoir une source. De fait, le régime dit de « TVA de groupe » est considéré par l'administration fiscale comme particulièrement propice à la fraude puisqu'il ne considère que les déclarations de TVA des groupes consolidés et rend invisibles, aux yeux de l'administration, les flux réalisés au sein des entreprises.Reste donc à faire évoluer le droit européen. Mais en matière fiscale, l'unanimité des Etats membres est de rigueur. Le casse-tête ne fait que commencer...

Source : Les Echos


Capital-risque : les fonds français en tête en Europe - 25/09

La France réussit clairement une percée dans l'univers très anglo-saxon du "venture capital" (VC), le financement des startups : les sociétés de capital-risque françaises ont levé cette année davantage de fonds que les VC britanniques, soit 2,7 milliards d'euros (à fin août), contre 2,3 milliards d'euros outre-Manche et 1,1 milliard d'euros en Allemagne, selon les données de Dealroom. C'est une première.

« Traditionnellement, le Royaume-Uni, Londres, était le pôle numéro un du capital-risque en Europe. En 2016, les levées des fonds VC d'Europe continentale ont bondi, en particulier en France, en Suède et aux Pays-Bas. Et en 2017, pour la première fois, la France prend la tête », relève Dealroom dans son bilan.

 

 

fonds levés VC capital risque Europe 2017

[Fonds levés, en milliard d'euros, par des VC européens chaque trimestre depuis 2015. Crédit : Dealroom]

La plus grosse levée (765 millions de dollars) revient, certes, à un fonds de Londres, Atomico, créé par le Suédois Niklas Zennström, cofondateur de Skype.

Partech et Alven Capital en tête

Ce montant record des VC français est révélateur de la montée en puissance de plusieurs acteurs de la place, en particulier Partech Ventures, qui vient de boucler un nouveau fonds de 400 millions d'euros, trois fois plus important que le précédent, et de lever en tout près d'un milliard d'euros en dix-huit mois.

 

Parmi les autres levées importantes, se distingue le premier closing en juin de Cathay Innovation, issu du fonds franco-chinois Cathay Capital, pour 287 millions d'euros, avec le soutien d'institutionnels tels que Bpifrance et la Banque de développement de Chine et celui de grandes entreprises telles que Cardif (BNP), ADP, Seb, Michelin, Total et Valeo.

 

VC Europe levées par fonds

[En bleu, les fonds levés par des fonds VC européens, depuis 2014; en gris, les montants investis par des fonds VC en Europe. Crédit : Dealroom]

Autre levée majeure, celle d'Alven Capital, qui a bouclé début janvier son cinquième fonds de 250 millions d'euros. En 17 ans, ce pionnier, qui a investi dans plus de 100 entreprises, notamment dans Dataiku, Drivy, Frichti, Lengow et Qonto, ressort comme la société de capital-risque la plus active en France sur la période 2021-2017, en nombre de startups financées, selon le cabinet spécialisé CB Insights qui a cartographié les VC dans chaque pays d'Europe.

carte VC Europe CB Insights

[La carte des sociétés de capital-risque les plus actives dans les principaux pays d'Europe, en nombre de participations en portefeuille, de 2012 à août 2017. Crédit : CB Insights]

Dealroom cite également les deux levées d'Omnes Capital (ex-Crédit Agricole Private Equity), bien que plutôt destinées au financement des infrastructures d'énergies renouvelables et des PME qu'à celui des startups.

Les besoins de l'écosystème couverts

Au total, depuis 2015, les acteurs français du capital-risque ont rassemblé 5,4 milliards d'euros, un montant qui s'approche des sommes investies dans les startups françaises sur la période (6 milliards d'euros). Ce qui permet de penser que les jeunes entreprises de la French Tech n'ont plus forcément besoin d'aller chercher des financements auprès de VC étrangers, américains ou britanniques le plus souvent, pour boucler leurs tours de table.

De même, les fonds levés par des VC européens (8,4 milliards d'euros à fin août) devraient atteindre 12 milliards d'euros d'ici à la fin de l'année, plus du triple qu'en 2014, et se rapprocher des montants investis en Europe par l'ensemble des venture capitalists de tous horizons. Au-delà d'un probable effet Brexit incitant les investisseurs à privilégier des fonds continentaux, ces chiffres montrent que le capital-risque européen est en train de passer la vitesse supérieure, accompagnant l'essor de l'écosystème de startups du continent.

 

 

Source : La Tribune


Réglementation des banques : les objectifs de « Bâle 3 » désormais atteints - 12/09

Les grands établissements respectent désormais tous le cadre réglementaire issu de la crise. Mais de nombreux chantiers restent ouverts.

Dix ans après la crise financière , c'est bien plus qu'un symbole : les principales banques dans le monde respectent désormais pleinement, avec deux ans d'avance, les règles du jeu définies par les régulateurs financiers pour éviter un nouveau cataclysme. Le Comité de Bâle, l'instance où se concertent l'ensemble des gendarmes bancaires, l'a indiqué mardi à l'issue d'une revue basée sur les bilans de 200 grandes banques arrêtées au 31 décembre 2016. 

Ce n'est pas la fin de l'histoire 

Ces nouvelles contraintes ( connues sous le nom de Bâle III ) imposent aux banques de détenir des fonds propres correspondant au moins à 4,5% de leurs engagements, et d'y ajouter un coussin de sécurité. Une charge en capital supplémentaire a en outre été imposée aux groupes bancaires dit « systémiques ». Les obligations «coeur », c'est à dire les contraintes en fonds propres « durs » étaient déjà respectées, mais ces derniers mois, les banques ont renforcé leur solidité dans les autres couches de capital dite de niveau «tier 2 ».

Reste que cette nouvelle ne marque pas la fin de l'histoire pour le Comité de Bâle, ni pour les banques. En particulier, les plus grandes banques doivent ajouter une nouvelle couche de réserves de sécurité ( TLAC, constitué de dette subordonnée ). Cet objectif-là n'est pas encore atteint : au 31 décembre dernier, les 30 banques systémiques concernées devaient encore lever 116 milliards d'euros d'ici 2022. 

De nouveaux défis

D'autres chantiers restent ouverts : Bâle révise actuellement les modalités de calcul des risques de marché auxquels une banque peut être exposée (via son « trading book »). Enfin, Europe et Etats-Unis n'ont toujours pas tranché la question du « plancher » (« output floor »), ce niveau minimum de fonds propres que devrait détenir une banque quel que soit son niveau de risque. 

Les banques sont clairement mieux outillées pour affronter une crise semblable à celle de 2008. Reste à les armer contre de nouveaux risques qui ne se mesurent pas nécessairement en fonds propres, qu'il s'agisse de cyber-sécurité et de moralisation des pratiques bancaires qui sont désormais à l'agenda des régulateurs.

Source : Les Echos


Les promesses de la blockchain, applications concrètes dès 2018 pour la gestion - 11/09

Test réussi pour la plate-forme FundsDLT. En juin dernier, celle-ci a annoncé que pour la première fois, des investisseurs avaient pu souscrire des parts de fonds de Natixis Asset Management (NAM) grâce à la blockchain. Connue jusqu'à maintenant pour être la technologie utilisée par les monnaies virtuelles comme le bitcoin, la « chaîne de blocs » (en français)  devrait bientôt révolutionner la gestion d'actifs . Le Trésor, qui prépare une ordonnance sur ce sujet pour l'automne, ne s'y est pas trompé. Et les projets visant à mettre ce registre virtuel immense au service des gestionnaires d'actifs se multiplient. 

-1- Pourquoi la blockchain est particulièrement adaptée à la gestion d'actifs

Parmi tous les métiers de la finance, la gestion d'actifs reste l'un des plus intermédiés, avec une chaîne d'opérations particulièrement longue et complexe. Ainsi, les asset managers gèrent des fonds dont le passif est en général tenu par des dépositaires (SG Securities Services, BNP Paribas Securities Services, Caceis...). Les dépositaires se chargent de la tenue de comptes et de la conservation des titres des organismes de placement collectif (OPC). Ils enregistrent les opérations et en assurent le règlement et la livraison en relation avec le dépositaire central (Euroclear), tiennent à jour les positions et gèrent les opérations sur titres. Le problème de cette externalisation est que non seulement les opérations de souscriptions/rachats sont peu fluides, mais surtout les gestionnaires d'actifs n'ont qu'une connaissance très imparfaite de leurs clients finaux. Et accessoirement elle génère des coûts qui se répercutent dans les frais de gestion.

-2- Test réussi sur les transactions

FundsDLT - une collaboration entre Fundsquare et KPMG Luxembourg - a déjà réussi à prendre en charge une transaction réelle. Concrètement, la blockchain a permis à l'investisseur de lire le prospectus, de voir la valeur liquidative et de prendre la décision de souscrire des parts de fonds. Côté administration de l'ordre, ce dernier a été pris en charge par la plateforme, et la société de gestion et le régulateur ont été informés. Il a également été valorisé et exécuté, avec un virement du compte de l'investisseur vers celui du fonds et l'inscription du transfert de propriété dans le registre blockchain. 

L'initiative Funds DLT rassemble « quelques dizaines de sociétés de gestion europénnes et américaines », explique Said Sihri, chez KPMG Luxembourg. « Nous espérons un développement commercial totalement sécurisé avant fin 2018 », indique, quant à lui, Olivier Taille, responsable du projet blockchain chez NAM. De quoi accélérer significativement les transactions. Aujourd'hui, il faut compter plusieurs jours entre la décision d'investir et l'exécution de l'ordre. « La blockchain offrira aux sociétés de gestion une véritable alternative au dispositif actuel de règlement livraison et de tenue du registre des parts de fonds et permettra de réaliser des économies importantes qui bénéficieront in fine aux investisseurs. » 

 

-3- La blockchain dédiée à la tenue de passif

Le problème est que pour l'instant le projet de FundsDLT ne permet pas à la société de gestion d'avoir une vision complète de son passif (c'est à dire de ses clients). Lui échappent les transactions qui ne transitent pas par la blockchain puisqu'elles n'y sont pas enregistrées. « Cela fait partie des prochaines étapes de développement, avec la gestion des opérations sur titres. L'objectif est que les sociétés de gestion puissent tenir l'intégralité de leur passif via la blockchain », poursuit Olivier Taille. 

Pierre Davoust, responsable du bureau parisien de la fintech londonienne SETL - avant cela il était adjoint au chef du bureau des marchés financiers à la Direction générale du Trésor - explique, lui, travailler à « la mise en place, en collaboration avec plusieurs sociétés de gestion, d'une plateforme qui sera dédiée à la tenue de passif, c'est à dire qui gèrera aussi bien les flux (i.e. les transactions, ndlr) que les stocks (i.e. la propriété de l'ensemble des parts de fonds) ». Des annonces plus précises sont attendues dans les prochains jours mais Pierre Davoust affirme déjà que « la phase de test est dépassée et un lancement opérationnel devrait intervenir ces prochains mois ». 

-4- Les acteurs menacés cherchent leur place

Prendre le virage avant qu'il ne soit trop tard... C'est la priorité pour un certain nombre d'acteurs dont le modèle d'activité promet d'être totalement bouleversé par la blockchain. Le projet BNP Paribas Fund Links par exemple permettra à BP2S, avec l'aide d'Axa IM, de créer une plateforme de distribution dont le but sera de faciliter la circulation des informations entre acheteurs et vendeurs de fonds. Les acheteurs de fonds n'auront par exemple à renseigner leur profil et les documents nécessaires à un nouvel investissement qu'une seule fois. Ces informations seront ensuite partagées avec les sociétés de gestion d'actifs présentes sur la plateforme. « Ce travail de KYC (know your client) est essentiel pour connaitre les origines des fonds et la nature de nos clients et nous sommes prêts à aider BP2S à le faire », indique Joseph Pinto, chez Axa IM. «Nous regardons aussi avec BP2S comment diminuer le temps de transaction grâce à la blockchain. Une annonce pourrait être faite début 2018 ». 

Euroclear s'intéresse également de très près au sujet et estime que « la blockchain pourrait aider les dépositaires centraux à automatiser certaines de leurs fonctions ». Sans surprise, le spécialiste du règlement livraison met l'accent sur les questions de sécurité, de robustesse et de confidentialité de la technologie. « Ces questions ne sont pas impossibles à résoudre mais il faut que la responsabilité soit portée par un acteur et les dépositaires centraux ont typiquement un rôle à jouer. » 

Source : Les Echos


Ces émissions de dette qui atteignent des montants spectaculaires - 18/08

Les grandes entreprises ont de plus en plus recours aux marchés pour financer leurs opérations de grande envergure. A l'instar d'Amazon mardi, un autre géant de la Tech comme Apple a utilisé cette source de financement à plusieurs reprises. En 2013, l'entreprise de Tim Cook avait réalisé la plus grosse émission de dette de l'histoire à l'époque, d'une valeur de 17 milliards de dollars.

Le financement de marché domine largement aux Etats-Unis  : il pèse environ 80 %, contre 20 % pour le financement bancaire. Son poids est nettement moins important en Europe, même si l'attrait pour le marché obligataire grandit, notamment grâce à la politique de la Banque centrale européenne (BCE), qui achète des titres émis par les entreprises. D'ailleurs, les volumes d'émissions d'entreprises atteignent 192 milliards d'euros, soit 7 % de plus par rapport à 2016 sur le Vieux continent.

Les firmes américaines mènent le bal en termes de taille d'emprunts obligataires  : Verizon a battu tous les records en levant 49 milliards de dollars en 2013. AB InBev est sur la deuxième marche du podium avec 46 milliards de dollars en 2016. Cette année, la palme revient à AT&T, qui a emprunté 22,5 milliards de dollars. Microsoft s'est aussi distingué avec une opération à 17 milliards de dollars en janvier, soit six mois après une émission de 19,75 milliards de dollars l'an pour financer l'acquisition de LinkedIn .

En Europe, Numericable-Altice a fait sensation, en émettant 16,7 milliards de dollars sur le marché de la dette « high yield » (spéculative) en avril 2014. L'opération avait suscité l'enthousiasme des investisseurs. LVMH a réalisé la plus grosse émission obligataire française cette année avec 4,5 milliards d'euros pour financer l'acquisition de Christian Dior Couture.

Source : Les Echos


Compensation : la BCE veut prendre sa revanche sur la City - 23/06

La compensation s'impose décidément comme l'un des enjeux majeurs du Brexit pour le monde de la finance. Y compris pour la Banque centrale européenne. L'Institution de Francfort vient de demander à la commission européenne de modifier les statuts qui définissent sa mission. Objectif : inclure dans ses compétences la réglementation des chambres de compensation, ces institutions qui sécurisent les transactions financières en s'intercalant entre un vendeur et un acheteur. Or ces « clearing houses » ont en effet pris une importance considérable pour les marchés, et elles gèrent des montants de transactions colossaux. Au point d'avoir une influence sur la stabilité de l'euro.

Une défaite face à la cour de justice européenne

En tant que gardien de cette stabilité, la BCE entend donc pouvoir bénéficier d'un pouvoir accru sur ces acteurs, y compris lorsqu'ils sont établis en dehors de la zone euro. Une aspiration a priori légitime, mais qui avait essuyé la censure de la Cour de justice de l'Union européenne, il y a un peu plus de deux ans.

Un contentieux qui remonte à la crise de la zone euro

Pour comprendre cette histoire, il faut remonter à la crise de la zone euro, au début des années 2010. Dans un contexte déjà très compliqué, les chambres de compensation londonienne ont revu à la baisse la valeur des obligations d'Etats européens que leur clients leur apportaient en garantie. Une dégradation qui a alimenté le mouvement de défiance envers ces titres et a mis de l'huile sur le feu.

Pour éviter que cette situation ne se reproduise, et s'assurer que les chambres de compensation qui traitent des opérations dans la devise européenne aient bien au coeur de leurs préoccupations la stabilité de la zone euro, la BCE avait alors décidé d'imposer leur relocalisation dans cette zone euro. La City, qui ne voulait pas voir partir une de ses activités phares, a attaqué cette décision en justice. Et a obtenu gain de cause, au motif « qu'elle ne disposait pas de la compétence nécessaire pour réglementer l'activité des systèmes de compensation de titres, sa compétence étant limitée [...] aux seuls systèmes de paiement. » Londres a donc conservé ses chambres de compensation, une décision qui pouvait se justifier vis à vis d'un pays appartenant à l'Union européenne.

Une reforme de la supervision de la compensation en cours

Mais dans le contexte du Brexit, cette situation semble difficile à tenir. Bruxelles s'est donc emparé du sujet, en prévoyant un nouveau régime pour les chambres de compensation opérant en dehors de l'union Européenne. Un projet qui prévoit notamment un rôle renforcé de l'ESMA, le régulateur de marché européen. La BCE souhaite également pouvoir jouer pleinement son rôle de gardien de la zone euro dans ce nouveau cadre, sans prendre le risque d'une nouvelle censure de la justice européenne.

Source : Les Echos

 

 


Innovation : les banques cherchent encore le bon modèle économique - 19/06

Bon gré mal gré, les banques commencent à mettre en oeuvre les promesses de l' « open banking ». Sous la pression des start-up de la finance ou des géants de l'internet (qui habituent les clients à de nouveaux usages mobiles et des parcours « sans couture »), les grandes banques coopèrent toujours davantage avec les fintechs : il peut s'agir simplement d'héberger ou d'investir dans de jeunes pousses, mais aussi de façon plus étroite, d'autoriser de façon très cadrée l'accès à certaines données clients, afin de créer de nouveaux services via des interfaces de programmation dédiées, les API.

Cette première étape -largement culturelle - franchie, banques et fintechs se posent désormais une question bien plus prosaïque : comment gagner de l'argent grâce à ces nouvelles API ? Quel modèle économique choisir ? Leurs réponses se recoupent en partie, mais divergent sur certains points essentiels, révèle une étude publiée lundi matin par Capgemini (World retail banking report 2017), qui a interrogé 126 banques et fintechs dans le monde.

Payer pour accéder à la donnée

Ainsi, du point de vue des banques, la meilleure façon de monétiser les API, serait le partage de revenus (pour 48 % des banques interrogées)...une idée bien moins enthousiasmante pour les fintechs, qui ne sont que 27 % à croire en ce modèle. Dans ce cas de figure, on voit bien la différence d'approche : la banque estime que grâce à l'accès aux données, la fintech a créé un nouveau service, et qu'il est donc juste qu'elle récupère une part de ce « gâteau ». Vision inverse pour la start-up, qui veut bien payer pour l'accès à la donnée, mais pas graver dans le marbre le partage de revenus.

Du coup, sans surprise, le système du péage (« transaction fees ») fait davantage consensus : une tarification directe est appliquée à chaque fois qu'une transaction a eu lieu au travers de l'API. Cette option convainc les start-up à 54,3 %,et encore 43,5 % des banques. Equilibre presque parfait, également (avec 30 % de convaincus de chaque côté) pour un modèle dit de « API call fees » : cette fois la tarification est appliquée à chaque fois qu'une tierce partie se sert de l'API, qu'il y ait ou non transaction.

De nouvelles fonctionnalités

D'autres modèles enfin, sans doute un peu précurseurs, intéressent pour l'heure moins les fintechs et encore moins les banques : ils supposent que la banque développe une activité dédiée aux API, avec de nouvelles fonctionnalités de conseil (zoom sur certaines tendances etc...) ou de supports techniques apportés aux partenaires. Dans ce scénario, outre son rôle de prêteur, la banque évoluerait donc vers une fonction d'éditeur 2.0 de data spécialisé dans les services financiers. 

Source : Les Echos


Fonds de pension : la nouvelle crise qui menace les Etats-Unis - 18/05

La faillite de Détroit avait mis le problème en lumière, celle de Porto Rico n'a fait que le confirmer : les collectivités locales américaines (villes, Etats, etc) ont développé des régimes de retraite qui les obligent à s'endetter massivement -au risque de faire parfois banqueroute. Une poignée de villes s'avèrent déjà incapables de payer les pensions promises à leurs retraités. Certaines les amputent de plus de moitié, à l'instar de la petite commune californienne de Loyalton (lire ci-dessous). A défaut de s'attaquer directement à leurs fonctionnaires, d'autres font le choix de ne plus payer leurs factures. C'est le cas de l'Illinois qui affiche plus de 14 milliards de dollars d'impayés.

Les fonds de pension publics auraient besoin de 3.850 milliards de dollars supplémentaires pour honorer leurs engagements, à l'égard des retraités actuels mais aussi futurs, indique l'institut Hoover -un cercle de réflexion rattaché à l'Université de Stanford.Le « trou » se serait encore creusé de 434 milliards de dollars l'an dernier. « C'est une bombe à retardement», résume l'auteur du rapport, Joshua Rauh. « Pourquoi cela ne fait-il pas la « Une » des journaux ? Comme pour la crise des subprimes, tout semble écrit d'avance. Et pourtant, on attend que la situation explose », abonde Danielle DiMartino Booth, ancienne conseillère à la Réserve fédérale de Dallas.

Les agences de notation tirent la sonnette d'alarme

La situation est particulièrement préoccupante à la Nouvelle Orléans, Dallas, Philadelphie eChicago . Le problème se retrouve aussi à l'échelle des Etats, notamment ces bastions industriels qui comptent de moins en moins de salariés cotisant (Illinois, Kentucky, New Jersey , etc). Le sous-financement des fonds de pensions est en fait généralisé : l'institut Hoover, qui a épluché 650 systèmes de retraites aux quatre coins du pays, estime qu'il n'existe aucune ville ni Etat affichant un régime à l'équilibre !

Les agences de notation , qui avaient été tenues partiellement responsables de la crise de 2008, ont commencé à tirer la sonnette d'alarme : elles ont baissé la note de plusieurs collectivités à risques, parmi lesquelles le New Jersey, Chicago, Houston et Dallas.

Comment les collectivités locales ont-elles pu en arriver là ? Le vieillissement de la population et l'augmentation de l'espérance de vie ne constituent qu'une partie de l'explication. Engagée dans les années 90, la libéralisation des régimes de retraite a également beaucoup joué : les collectivités locales se sont alors prêtées à des investissements de plus en plus risqués (hedge funds, etc). Les chiffres parlent d'eux-mêmes : les obligations, par nature non-risquées, représentaient 96% de leurs investissements dans les années 50. Ce taux est tombé à 50% dans les années 90... et à 27% aujourd'hui, indique la Réserve fédérale.

Les fonds de pension piégés par des taux d'intérêt bas

Les élus locaux ont pris ce risque dans l'espoir de faire fructifier leur argent. Ils ont construit leur budget « retraites » sur l'hypothèse que leurs placements croîtraient de 7,5% par an. Un calcul extrêmement optimiste quant on sait que leur rendement ne dépasse pas 2,5% aujourd'hui ! Les fonds de pension ont d'autant plus de mal à gagner de l'argent que les taux d'intérêt sont au plus bas. Les élus locaux ont ainsi tendance à minorer le problème : le taux de rendement de 7,5% leur permet d'afficher un « trou » global de 1.380 milliards de dollars (voir graphique ci-dessus). Mais en retenant le taux plus réaliste de 2,5%, celui-ci se révèle presque trois fois supérieur (3.850 milliards de dollars).

Fermer les yeux sur l'ampleur du problème permet de reporter à plus tard les décisions douloureuses (réduction des services publics, hausses d'impôts, réduction des pensions, etc). A charge aux futurs responsables politiques de gérer, peut-être, l'arrivée d'une nouvelle catastrophe.

Source : Les Echos


Le protectionnisme ne protège pas les plus pauvres - 02/05

C hez Donald Trump, c’est une obsessiondepuisdesdécennies. Dans la famille Le Pen, c’est une recette précieuse transmise de père en fille et de fille en nièce. Pour sauver le pays,pourquel’économietournemieux, pour éviter les fermetures d’usine et les chômeurs en masse, il faudrait fermer les frontières avec des droits de douane plusélevés,unemonnaiedépréciée,une préférence nationale. Ces mesures simples et de bon sens posenttoutefois une toute petite question. Elles pousseront fatalementles prix à la hausse. Le « protectionnisme intelligent » que veut Marine Le Pen serait surtout un protectionnisme inflationniste. Dans un monde où les revenus de transfert sont de plus en plus importants, ne serait-ce qu’en raison du vieillissement de la population,les pluspauvres seraientles plus durement frappés. Vous avez dit justice sociale ? Commençonsparledébut :lahausse des prix. Un petit exemple révèle bien les rouages à l’œuvre. Fin 2009, Barack Obama a brutalement relevé les droits dedouane sur lespneus chinois (portés de 4 % à 39 %, puis ramenés à 29 % en deuxétapes).GaryHufbauer,unéconomiste qui a beaucoup travaillé sur les échanges, a regardé ce qui s’était passé, avec Sean Lowry, son collègue du réputéPetersonInstituteforInternational Economics. Leurs calculs ont été faits sur une base très prudente. Comme espéré, les importations chinoises ont dévissé (de moitié) avec des prix en forte hausse (d’un quart). La pression chinoise étant moins forte, les exportateurs mexicains,indonésiens et thaïlandais en ont profité pour relever leurs tarifs. Tout comme les producteurs américains, qui ont eu du mal à suivre lademande, car ils avaient abandonné depuis longtemps le bas de gamme aux Chinois. Au total, les consommateurs américains déboursent 1,1 milliard de dollars de plus par an pour acheter leurs pneus. Ramenés à 1.200 emplois préservés dans l’industrie américaine du caoutchouc : cela fait près de 1 million de dollars par emploi sauvé..., dont l’essentiel est allé nonauxsalariés,maisauxactionnaires des producteurs non chinois. L’histoire ne s’arrête pas là. Il faut 3.500employésdanslecommercepour faire 1 milliard de dollars de chiffre d’affairesauxEtats-Unis.Or,commeles consommateurs ont payé davantage pourleurspneus,ilsontmoinsdépensé ailleurs.Ladestructionde1,1milliardde dollars de chiffre d’affairesadonc fait disparaître environ 3.700 emplois dans la distribution – beaucoup plus que les emplois préservés dans l’industrie ! Sans compter les postes perdus dans l’agro-industrie du poulet, frappée par une mesure de rétorsion chinoise. Ce n’est pas le seul levier qui pousse les prix à la hausse. Ces deux dernières décennies, « de longues chaînes marchandes se [sont tendues] entre production et consommation », comme l’avait prédit l’historien Fernand Braudel. Avec l’ouverture des pays anciennement communistes et les échanges d’informations facilités par Internet, ceschaînespassentplus souvent sur les frontières.Atelpointquelesquatrecinquièmes des échanges mondiaux se font désormais au sein des chaînes de valeur des entreprises multinationales, selon la Conférence des Nations unies pour lecommerceetledéveloppement. L’instauration de barrières sur les frontières casserait ces chaînes, provoquant des renchérissements brutaux. En examinant soigneusement ce qui se passerait dans les firmes, trois économistes, Joaquin Blaum, Claire Lelarge etMichael Peters,parviennent à la conclusionque« lesprixàlaconsommation des produits manufacturés seraient 27 % plus élevés si les entreprises françaises n’étaient pas autorisées à s’approvisionner en produits intermédiaires à l’étranger ». En fin de circuit, les consommateurs profitent largement de ces importations qui accroissent leur pouvoir d’achat. D’après les calculs de deux chercheurs, Charlotte Emlinger et Lionel Fontagné, les seules importations de biens de consommation venant des pays à bas salaires font économiser de 100à300eurosparmoisàchaquefoyer. Etlahaussedes prixinduite par lesbarrières aux frontières pénalise d’abord les plus pauvres, ceux pour qui payer le moins cher possible est vital. Quand on compte les centimes à partir du 15 du mois, onachètedes chaussettes chinoises à 1,50 euro la paire plutôt que du made in France dix fois plus cher. Les économistesKatherynRuss, JayShambaugh et Jason Furman (ces deux derniers furent des conseillers d’Obama) l’ont clairement montré aux EtatsUnis : les foyers les moins aisés paient beaucoup plus de droits de douane que les autres (proportionnellement à leurs dépenses). C’estle contraire d’un impôt progressif : « Les droits de douane marchent comme un impôt régressif, qui pèsent davantage sur les femmes et les parents isolés », expliquent-ils. Les partisans du protectionnisme préfèrent l’ignorer. Ilsmettent en avant la nécessité de défendre le producteur au détriment du consommateur, comme le fitle député Jules Méline, en 1892, en faisant voter les tarifs douaniers qui portent son nom, applaudi par Jean Jaurès. Sauf que la donne a radicalement changé au XXe siècle. Le revenu dépend de moins en moins directement de la production. Et de plus en plus d’un Etat providence par qui passe désormais autour de la moitiéde larichessenationale (unpeu plus enFrance). Les retraites,lesallocations sociales, les indemnités chômage font plus du tiers du revenu des Français, et bien davantage pour les plus pauvres. L’inflation protectionniste frapperait aujourd’hui d’abord les plus démunis. RienàvoiravecleXIXe siècle,oùlataxationdesimportationsagricolespouvait laisser espérer une progression des revenus parmi les paysans, qui constituaientalorsprèsdelamoitiédesactifs. Au XXIe siècle, le protectionnisme est devenu profondément antisocial.

Jean Marc Vittori

Les Echos


Les banques françaises devraient profiter de la bonne tenue des activités de marché - 02/05

Les banques françaises avaient fini l'année 2016 en grande forme , cumulant 23,5 milliards d'euros de bénéfices nets, grâce à leur modèle diversifié. Le premier trimestre a-t-il été aussi porteur ? On y verra clair à partir de mercredi, avec BNP Paribas qui ouvre le bal des résultats. Premier « ouf » de soulagement , la lecture des chiffres ne devrait pas être troublée par le risque politique, la perspective d'un second tour Mélenchon-Le Pen - le plus redouté par les marchés - ayant été écartée par les électeurs.

Sur le fond, les grandes banques françaises abordent l'année dans de bonnes conditions. Ainsi, les groupes les plus exposés aux activités de marché pourraient suivre les banques américaines, tirées par la banque d'investissement en ce début d'année. Seul Goldman Sachs a déçu . « L'activité a été très forte, aussi bien du côté de l'émission de dette - notamment l'émission de dette subordonnée par les banques - que sur les marchés actions, qui ont affiché une sérénité que l'on n'avait plus vue depuis longtemps », souligne David Benamou, associé chez Axiom AI. Elément favorable aux banques françaises, beaucoup de leurs concurrentes internationales ont réduit la voilure en Europe continentale, à la manière, par exemple, de RBS, recentré sur son marché domestique. « Cela laisse de nouvelles marges de manoeuvres aux activités de BFI [banques de financement et d'investissement, NDLR] de BNP Paribas et de Société Générale, notamment. »

La colonne « dépenses » sera scrutée de près

Dans la banque de détail aussi, l'activité ne devrait pas décevoir. En effet, le nombre de transactions immobilières reste très élevé dans l'ancien et le nombre de rachats de crédit est resté important en ce début d'année : ainsi, les particuliers ont encore massivement renégocié leur prêt immobilier, soit pour obtenir un taux plus favorable auprès de leur banque actuelle, soit en partant à la concurrence avec armes et bagages. Ce sport national s'est traduit par un regain d'activité pour les banques, puisqu'elles touchent des frais pour remboursement anticipé. Mais à mesure que le mouvement ralentira - soit que les taux auront remonté, soit que le stock de prêts éligibles aura été épuisé -, les effets négatifs apparaîtront plus nettement, plus tard dans l'année. Les banques devront en effet compter avec un stock de prêts relativement peu rémunérateur alors que le coût de leurs ressources pourrait, à terme, se renchérir.

Le danger n'est pas immédiat, mais il se cumule aux autres enjeux industriels que traversent les banques. Elles doivent en particulier s'adapter à la révolution digitale et réglementaire du secteur. Raison pour laquelle la colonne « dépenses » sera elle aussi scrutée de près ces prochaines semaines.

Source : Les Echos


Wall Street à l’épreuve des promesses de Trump - 27/04

Une page et moins de 250 mots ! C'est le « phénoménal » plan de baisse des impôts annoncé par Donald Trump mercredi. Il intègre notamment la baisse de 35 à15 % des taxes sur les bénéfices des entreprises aux Etats-Unis. Ce programme a été l'un des principaux moteurs de la hausse de Wall Street. La veille de la présentation de ce plan, le Nasdaq avait franchi, pour la première fois, le seuil des 6.000 points , alors que l'indice S&P 500 gagne ainsi 6,8 % depuis le début de l'année. Mais l'heure de vérité approche sur trois enjeux de la présidence Trump. 

LA REFORME FISCALE

Les marchés attendaient beaucoup du plan fiscal de Trump, surtout étant donné la surenchère de l’équipe de Trump qui promet « la plus grosse baisse d’impôts jamais annoncée ». L'annonce de mercredi les a un peu laissé sur leur faim, d'autant plus que la presse avait en grande partie déjà levé le voile sur ces mesures. « En fait, ce document est largement dénué de détail, notamment sur la question de savoir si les baisses de taxe auront un impact à la hausse sur le déficit fédéral », constate Christophe Barraud chez Market Securities.

Après l'échec de la refonte d'Obamacare, les investisseurs craignaient que la réforme fiscale soit repoussée à plus tard, mais le président américain a accéléré la cadence, au risque de mettre la charrue avant les boeufs ? Son conseiller économique Gary Cohn a beau dire que les détails ont été élaborés au cours de « discussions énergiques » avec le Sénat et la Chambre des représentants, le doute commence à s'immiscer sur les marchés. « Le problème c'est qu'elle risque de ne jamais voir le jour , car elle n'est pas du tout financée », avertit Aurel BGC. « Cette annonce est un non- événement. Juste la réitération d'un Gambit d' ouverture pour ce qui sera sûrement une longue et difficile négociation avec le Congrès », ajoute Didier Saint George. « L'administration Trump pourra s'estimer heureuse si la réforme est adoptée cette année , et si elle obtient la moitié de ce qu'elle annonce. »

La partie est en effet loin d'être gagnée pour convaincre 60 % des parlementaires avec une loi qui ne prévoit pas un équilibre budgétaire . Un think tank estime que ce plan pourrait coûter au budget entre 3.000 et 7.000 milliards de dollars en 10 ans. « Ce n'est pas la suppression de quelques niches fiscales qui permettra de financer le projet . Ni la taxe à taux unique sur le rapatriement des bénéfices logés à l'étranger », reconnaît Tangi Le Liboux chez Aurel BGC . L'équipe de Trump parie, elle, sur la reprise économique pour combler le vide . Mais constate Christophe Barraud, « la réaction des marchés obligataires - les taux ont baissé mercredi - montre que les investisseurs sont hésitants concernant son acceptation par le Congrès et son efficacité si celle -ci passe ».

LA CROISSANCE

Il y a toujours un écart important entre les statistiques mesurant la confiance des acteurs économiques - au beau fixe - et celles mesurant l' activité économique actuelle aux Etats-Unis. On peut même avoir le sentiment que celui-ci se creuse après la publication récente de chiffres décevants sur l'économie américaine. Le rapport de mars sur l' emploi était mitigé, l'inflation a reculé en mars pour la 1er fois en un an, les stocks des entreprises ont augmenté en février et surtout, constate Natixis AM, « la consommation des ménages a marqué le pas après plusieurs trimestres de croissance supérieure à celle des revenus ». De quoi laisser craindre une déception pour le PIB américain au premier trimestre. Les chiffres seront publiés ce vendredi.

Un point positif toutefois, Unigestion juge encourageant la reprise « attribuable aux données sur l' investissement, le chaînon manquant de la croissance depuis 2008 et un détracteur net en 2016 ». Si la stabilisation du pétrole autour de 50 dollars le baril , a sans doute joué un rôle dans le rebond de l'investissement , les anticipations d'accélération de l'économie depuis l'élection de Trump ont aussi eu un effet potentiellement bénéfique.

Le danger ? « Le faible niveau du stress sur les marché reflète un excès de confiance des marchés financiers » estime Unigestion, qui ne valorise donc pas bien les risques, notamment, politiques . Pour l'instant , les statistiques sur la confiance des ménages, des investisseurs ou des entreprises restent bien orientées, même si l' enquête du Conference Board a montré une baisse supérieure aux attentes en mars. Si cela devait se poursuivre, le risque d'une correction à Wall Street n'en serait que plus grand.

LE PROTECTIONNISME

C'était l'une des principales craintes des investisseurs, que Donald Trump se lance dans une guerre commerciale avec le reste du monde au nom du « America first ». De ce point de vue , il alterne le chaud et le froid. Avec des annonces protectionnistes sur l'acier, le bois canadien, l'aluminium ... Dans le même temps, Trump a beaucoup adouci son discours à l'égard de la Chine , son principal créancier, et à l'égard de l'Alena (qu'il ne souhaite plus rompre mais renégocier). Le risque protectionniste reste donc limité. « Les marchés sont désormais habitués aux saillies protectionnistes de l'administration Trump et ils ne sont pas davantage perturbés par le caractère assez irréaliste de la réforme fiscale qui risque le même sort que la réforme de la santé tant qu'elle n'est pas financée », constate Aurel BGC, qui juge que les « indices actions font preuve de complaisance ».

Deux facteurs incitent d'ailleurs Aurel BGC à la prudence : d'abord, les sommes empruntées par les investisseurs sur les comptes de leur courtier (la margin debt) atteint un troisième sommet majeur après ceux marqués en 2000 et 2007 (un risque en cas de retournement du marché) et ensuite les ventes d'action de la part des dirigeants d'entreprises sont aussi à des niveaux très élevés. Mais conclut Tangi Le Liboux chez Aurel BGC, « le grain de sable qui viendra gripper la mécanique haussière des marchés n'a pas encore été identifié ».

Jusqu'à quand ? « Le rally sur les actions s'est réalisé sur les promesses de Trump, jusque-là pas encore tenues, que sa présidence conduise à une nouvelle ère de fiscalité avantageuse, de dérégulation du marché et de dépenses d'infrastructures qui propulseraient la croissance américaine », rappelle Jupiter AM. La publication ce vendredi des chiffres du PIB pourrait donc apporter un premier élément de réponse. Les marchés tablent sur une croissance de 1 % en rythme annualisée et de 2,2 % sur un an, assez loin encore des 3 % visé par le gouvernement.

Source : Les Echos


Emploi : les banques françaises s’attendent à des années difficiles - 13/04

Alors que les banques dévoilent leurs anticipations de réduction d'effectifs dans leurs réseaux et où l'avènement de l'intelligence artificielle fait craindre le pire, quel sera la physionomie de l'emploi dans le secteur bancaire dans les dix prochaines années? Pour répondre à cette question , l'association française des banques (AFB) a confié au BIPE une étude fondée sur cinq scénarii qui esquisse l' évolution de l' industrie en termes d'emploi et de compétences à horizon 2020-2025. Ce document laisse présager la disparition de certains métiers, le développement de nouvelles fonctions mais aussi de fortes vagues de suppressions d'emplois. Tour d'horizon.

Des métiers techniques voués à péricliter

Pour le BIPE, les compétences techniques des chargés de clientèles, centrées aujourd'hui sur la maîtrise des offres , pourraient demain « être suppléées » par des outils techniques IT plus performants. Les conseillers devront donc se recentrer sur leurs compétences relationnelles. « Nous avons moins besoin de techniciens que de personnes qui vous regardent, vous saluent et vous écoutent en ayant l' expertise nécessaire », explique un directeur des ressources humaines du secteur.

Mais l'irruption d'outils d'analyse de données développés par les géant de l' Internet pourrait aussi réduire les besoins de techniques commerciales  : « Les GAFAs [Google, Apple, Facebook et Amazon] pourront parfois avoir un rôle de prescripteur d' offre ou de co-concepteur avec les banques », anticipe le BIPE. De nombreux métiers pourraient ainsi voir leurs compétences coeur dépréciées. Non seulement les chargés de clientèles particuliers, « mais aussi des juristes avec la création automatique de documents juridiques et le développement de l' intelligence artificielle » pourraient être menacés, prédit le cabinet.

L'avenir passe par les entreprises

Dans certains domaines, l'influence des banques traditionnelles pourrait toutefois se renforcer. « Quel que soit le scénario, deux segments de clientèles apparaissent comme dynamiques : la clientèle professionnelle et d'entreprises d'une part, la banque privée d'autre part . Les métiers et spécialités permettant de les servir - chargés de clientèle professionnels/ entreprises et conseillers en patrimoine - sont donc des métiers porteurs aujourd'hui comme d'ici 2025 ».

De fait, même dans le scénario le plus noir imaginé par le cabinet - dans lequel les banques perdent l' accès direct à 70% des clients particuliers au profit des GAFAs, nouveaux "majors de la banque"-, les entreprises resteraient un partenaire privilégié des banquiers. Leurs dirigeants « favoriseront des relations humaines, inter -personnelles car ils recherchent une relation davantagepartenariale », anticipe le BIPE. L'entreprise pourrait alors être perçue comme un point d'accès clef aux clients particuliers : elle pourrait notamment voir son rôle de prescripteur de solutions d'assurances ou d' épargne renforcé.

D'importantes vagues de suppression d'emplois attendues

Le BIPE confirme que ces évolutions auront un impact non seulement sur les compétences des banquiers mais aussi sur leur nombre. La montée en puissance des GAFAs auprès des clients particuliers pourrait même avoir des effets massifs. « En faisant l'hypothèse théorique que 80% des effectifs des spécialités exposées quant à leurs compétences coeur de métier seraient voués à ne pas être pérennisés, ce sont 25% des postes qui pourraient s'avérer obsolètes ».

Dans un scénario un peu moins noir dans lequel les banques seraient contraintes d'automatiser largement leurs process, la proportion des postes potentiellement obsolètes est ramenée à 20%. Des réductions de postes , qui sont « d'un ordre de grandeur comparable à certaines annonces » d'autres banques en Europe, tempère le cabinet. Il estime que ces baisses d'effectifs pourraient être absorbées essentiellement par des départs en retraite. Mais les départs ne correspondront pas forcément aux besoins des banques...

Sources : Les Echos


Brexit : les banques enclenchent les grandes manoeuvres - 26/03

Le compte à rebours est lancé. Mercredi, Theresa May activera l'article 50 du traité européen, enclenchant le divorce entre Londres et l'Union européenne . Au coeur des négociations se joue le statut de la City de Londres, capitale européenne de la finance, disputé par Paris, Francfort, Amsterdam et Dublin. L'enjeu est colossal  : plus de 30 milliards de dollars de revenus sont négociés entre les deux rives de la Manche et jusqu'à 75.000 financiers londoniens pourront se voir forcés de rejoindre l'Union européenne (selon un rapport Oliver Wyman). A défaut de regagner le continent, tous ceux qui fournissent depuis 40 ans des services de transmission d'ordres, de conseils en investissement, de gestion sous mandat, ou des financements grâce au passeport européen, ne pourront plus l'utiliser.

Deux destinations se détachent : Francfort et Dublin . Les établissements bancaires prennent des options immobilières au sein de la capitale irlandaise. Dublin est privilégié comme « centre technique » des grands acteurs anglo-saxons, par sa proximité de langue, son environnement fiscal et pour son cadre légal similaire à celui de Londres. Abritant la Banque centrale européenne, Francfort se dessine de son côté comme le futur « business center ». Elle concentrerait les activités commerciales des banques dans l'Union. Cependant une seule capitale à ce jour a réellement bénéficié d'un transfert « officiel » : Paris avec les 1.000 banquiers d'HSBC . La capitale française ne s'estime d'ailleurs pas hors course. « Nous avons rencontré plus d'une centaine de banques et gestionnaires d'actifs sur tous les continents et les marques d'intérêts sont manifestes. Nous avons mené des échanges approfondis y compris sur les modalités réglementaires d'accès », souligne Arnaud de Bresson, qui représente la place de Paris.

Nouveau siège à Londres

Les capitales de l'Union risquent cependant de déchanter. Les transferts promettent d'être plus limités que les milliers d'emplois annoncés avant le référendum du Brexit en 2016. Londres, réitèrent les décideurs des grands banques à l'instar mardi de Richard Gnodde, le directeur général pour l'international de Goldman Sachs, restera un « hub régional et mondial significatif ». La banque américaine a dit qu'à ce stade une centaine de postes seront affectés par le Brexit. Elle se construit d'ailleurs un nouveau siège à Londres, comme Deutsche Bank qui a annoncé vendredi louer de nouveau locaux dans la capitale britannique à compter de 2023 pour 25 ans.

Les banques veulent limiter au maximum leurs coûts et elles profiteront de leur faculté d'externaliser simplement certains services vers des filiales dans l'Union, sans transférer les équipes associées. « Ce régime peut permettre aux banques de conserver leurs effectifs de back office à Londres », indique Marc Perrone, associé chez Linklaters. En France notamment, le régulateur est plus souple en la matière que Francfort (Les Echos du 14 décembre). Une menace qui a poussé la BCE mercredi à avertir qu'elle n'accepterait pas l es « coquilles vides » contrôlées à distance depuis Londres .

L'exécutif européen se mobilise

Pour éviter ce type d'écueil, l'exécutif européen se mobilise pour renforcer l'attractivité économique globale de l'Union européenne en tant que marché unique. Alors que seulement 7% des Européens ont déjà acheté un produit ou un service financier dans un autre pays européen, « les consommateurs devraient avoir accès aux meilleurs produits proposés dans l'Union, et non plus seulement dans leur propre pays », a souligné jeudi Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission chargée de la stabilité financière, des services financiers et de l'Union des marchés de capitaux. La Commission européenne a présenté dans la foulée un plan d'action pour « supprimer les barrières nationales ». Elle a notamment ouvert une consultation de trois mois pour réfléchir à la création de nouveaux agréments spécifiques pour des activités émergentes portées par les jeunes pousses technologiques de la finance (FinTech), qui ne seraient pas encore couvertes par un passeport européen comme le sont déjà les services de paiements. C'est notamment le cas du financement participatif dont les acteurs doivent initier de nouvelles démarches à chaque ouverture d'un bureau dans l'UE.

Plutôt que de jouer le bras de fer et de risquer d'être isolée, Londres mise sur l'apaisement. Accompagné de PME innovantes, Sadiq Khan, son maire, est en tournée cette semaine à Berlin,Paris et Madrid pour défendre une approche coopérative entre grandes villes européennes. C'est la seule manière selon lui de permettre aux fintechs de grandir à l'international. Du moins depuis Londres.


Trump : pourquoi Wall Street s’inquiète - 22/03

Après l'euphorie, le doute commence à s'installer sur les marchés : et si Trump n'arrivait pas à gouverner comme il l'entend? Et si le président des Etats-Unis ne parvenait pas à faire passer toutes ses réformes alors même qu'il dispose d'une large majorité républicaine au Congrès, comme en témoignent ses difficultés à abroger la loi Obamacare.

Le CAC 40 sous les 5.000 points

Mardi, les indices américains ont enregistré leur plus forte baisse depuis l'arrivée de Trump à la Maison-Blanche. Le S&P 500 a ainsi lâché 1,24 %, son plus important recul depuis octobre. Le Dow Jones a perdu 1,14%, et le Nasdaq a cédé 1,83%. Dans leur sillage les places asiatiques ont perdu du terrain. Tokyo a ainsi clôturé en baisse de 2%. Et maintenant, c'est au tour des Bourses européennes d'accuser le coup. Le CAC 40 perd 0,6% et repasse sous les 5.000 points . Le DAX cède 0,61 % et Londres recule de 0,86%.

Ces réactions s'expliquent par les premières difficultés politiques rencontrées par Trump face au Congrès sur l'Obamacare. « L'abrogation de la loi et son remplacement par un nouveau texte, premier chantier de l'administration Trump, est vu comme un test important pour déterminer si la Maison-Blanche parviendra à faire passer ses projets de réformes au Congrès», détaille Aurel BGC.

« La réalité fait son retour : les marchés ont trop attendu de Trump », commente Jonathan Ravelas de BDO Unibank cité par Bloomberg. « Les investisseurs recalibrent leurs anticipations pour refléter le fait que l'agenda pro-croissance de Trump ne va pas se réaliser du jour au lendemain. Les marchés ont également fortement progressé - ce qui peut déclencher une correction technique - » explique l'expert.

Une part de correction technique est d'autant plus réelle que les investisseurs considèrent que les actions n'ont jamais été aussi sur-évaluées en 17 ans, d'après le sondage hebdomadaire des gérants de fonds de Bank of America Merrill Lynch.

Bank of America Merrill Lynch
Bank of America Merrill Lynch

Les banques sont les valeurs les plus touchées

L'abrogation de cette loi devrait permettre de réaliser de substantielles économies pour financer les grandes promesses du président, notamment la baisse des impôts et la dérégulation du secteur financier. «Si l'administration Trump ne parvient pas à faire abroger l'Obamacare, les marchés redoutent qu'il ne parvienne pas non plus à tenir sa promesse de baisser les impôts. A ce stade, toute conclusion hâtive est prématurée mais, pour la première fois depuis l'élection, les choses sérieuses commencent véritablement», explique Aurel BGC.

Du côté des valeurs, ce sont les banques qui sont les plus touchées. L'indice S&P 500 Banks a reculé de 3,86 % mardi. En Bourse, les banques ont le plus profité de l'élection de Trump, portées par l'espoir que le nouveau locataire de la Maison-Blanche lance une vaste dérégulation du secteur . Les investisseurs craignent désormais que le détricotage de la loi Dodd-Frank, autre grande oeuvre d'Obama, ne voie jamais le jour. Sur le Vieux Continent, l'Euro Stoxx Banks perd près de 2%.

Source : Les Echos


L’analyse sell-side perdra 300 millions de dollars de revenus sous MIF 2 - 15/03

Les craintes des analystes semblent bel et bien fondées. A moins d’un an de l’entrée en vigueur de MIF 2 le 3 janvier prochain, Greenwich Associates a livré hier un chiffrage de l’impact possible de la directive européenne sur la rémunération de la recherche produite par les banques d’investissement (BFI) et les courtiers. Selon le cabinet américain, la nouvelle réglementation amputera les commissions de recherche «buy-side» de plus de 100 millions d’euros en Europe et de près de 200 millions de dollars aux Etats-Unis, soit un total de plus de 300 millions de dollars (282 millions d'euros) pour les deux régions dans les douze mois suivant l’entrée en vigueur de l’unbundling. Avec cette nouvelle règle, les gestionnaires d’actifs devront dissocier le paiement de l’exécution des ordres du financement des services d’analyse et de corporate access (interviews de dirigeants d’entreprise….).

La baisse des commissions de recherche amputera les revenus des BFI et des courtiers, mais il est difficile d’estimer son impact sur les seules activités d’analyse. A fin février, les revenus de l’industrie «sell-side» liés à la recherche et au conseil ont atteint 5,9 milliards de dollars sur 12 mois aux Etats-Unis, pour des commissions totales de cash equity de l’ordre de 9,7 milliards de dollars, estime Greenwich Associates. En Europe, les montants atteignent respectivement 1,78 milliard et 3,15 milliards d’euros sur la même période.

Si leur effet cumulé peut mettre en difficulté certaines équipes de recherche «sell-side», les baisses de budget seront «relativement modestes» à l’échelle des 99 gestionnaires d’actifs sondés par Greenwich Associates. Les investisseurs européens prévoient une baisse de 7% en moyenne de leur facture de services d’analyse et de conseil ; et leurs homologues américains un recul de 5%. S’ils ne sont pas concernés par MIF 2 sur leur territoire domestique, 43% des gestionnaires américains envisagent des changements globaux dans l’évaluation de leur politique de recherche. 61% des groupes européens vont faire de même. Les acteurs devraient globalement limiter le nombre de leurs intermédiaires. Ils déclarent vouloir augmenter de 4% en moyenne le recours à la recherche «maison» au détriment des analystes produites par les BFI (-7% en Europe, -2% aux Etats-Unis) et les spécialistes d’un pays ou d’un secteur d’activité (-3% et -2%). En revanche, les fournisseurs de recherche indépendante devraient être épargnés par les coupes.  

Source : L'Agefi


Brexit : un nouveau texte européen rendant l’accès aux marchés plus difficile - 01/03

Le texte ne cite jamais ni le Royaume-Uni ni le Brexit. Mais le message en filigrane est clair : une fois la sortie de l' Union européenne opérée, et la perte du « passeport » financier qui va avec, la City risque d'avoir plus de mal qu' espéré à se rouvrir les portes des marchés financiers européens. C'est ce qui ressort d'un document de travail de la Commission européenne, révélé par le « Financial Times » lundi matin puis publié lundi après-midi par l'exécutif européen.

Ce rapport, rédigé par la Direction générale (DG) des marchés financiers et mis en branle peu après le référendum britannique, entend préciser le fonctionnement des « régimes d'équivalence » et poser quelques pistes pour une éventuelle réforme. Or l' industrie financière britannique compte s'appuyer sur ce dispositif via lequel l'UE ouvre, au cas par cas, ses marchés financiers aux industries des pays tiers dont les réglementations sont jugées comparables aux canons de régulation en vigueur en Europe qui se sont développés après la crise de 2009.

En apparence, c'est une formalité pour la City, puisque les règles européennes y sont déjà en vigueur. Mais l'affaire ne sera pas aussi simple, fait comprendre la Commission. Le rapport rappelle que la décision finale d'accorder ou non l'équivalence est à « sa discrétion » . Il réaffirme le principe d'une approche « proportionnelle et basée sur le risque », « au cas par cas, secteur par secteur et pays par pays », et, surtout, il prône une vigilance très accrue pour « les pays tiers à fort impact » ... En clair, les mastodontes anglais ne doivent pas s'attendre à trouver portes ouvertes, mais au contraire à faire face à d'imposantes fourches Caudines. Le document rappelle ainsi que des plafonds d’activité maximale autorisée peuvent être imposés aux pays tiers sur certains marchés européens, ce qui s'est par exemple déjà fait sur celui des dérivés.

Nécessité d'une « supervision continue »

Les experts de la DG chargée des services financiers, auteurs du rapport, soulignent également la nécessité d'une véritable « supervision continue » des réglementations des pays tiers concernés et de leur mise en œuvre, en donnant un rôle accru au régulateur européen, l'ESA, dont la possibilité de contrôles au sein des établissements financiers. Ce suivi fait aujourd'hui défaut et des voix s'élèvent contre le risque de voir Londres se dédouaner des règles européennes une fois les équivalences acquises. Cette supervision plus méthodique devrait concerner, poursuit le rapport, outre les systèmes de supervision, les « développements conséquents des marchés », afin que Bruxelles puisse au plus près réviser ou annuler les équivalences accordées. Le document pointe enfin, pour « établir une clarification utile » des règles du jeu, que « la Commission a le droit de s'ajuster, y compris à travers les termes de l'équivalence, à tout développement contraire dans des juridictions » dont les règles et dispositifs de supervision étaient préalablement jugés satisfaisants. Le message est aussi destiné à Donald Trump, qui laisse planer le doute sur le devenir des accords internationaux sur la régulation financière.

« Bruxelles indique clairement à Londres que l'équivalence n'est pas un passeport bis. C'est logique. L'idée n'est pas de fermer la porte aux capitaux anglais, mais de garantir une intermédiation européenne. Dans une vision de moyen- long terme, une intermédiation offshore n'est pas envisageable. Ce n'est pas un signal protectionniste mais un signal de bon sens », analyse Nicolas Véron, expert financier à l'institut Bruegel et au Peterson Institute.

« C'est un document de travail, tente-t-on de relativiser dans les couloirs de la Commission, pas un document lié au Brexit, pour lequel les discussions n'ont pas commencé. » Pas officiellement du moins. Mais ce rapport rappelle qu'en coulisse la partie est bien lancée.

Source : Les Echos


Pourquoi sortir de l’euro coûterait 30 milliards à la France? - 15/02

Le chiffre est dissuasif. Selon une estimation du gouverneur de la Banque de FranceFrançois Villeroy de Galhau, le coût pour l' Etat d'un retour au franc, prôné par Marine Le Pen , serait d'au moins 30 milliards d'euros, soit le budget de la Défense . Comment arrive-t-on à ce chiffre? Est-ce qu'il se situe dans la fourchette haute ou basse ?

Baisse des taux grâce à l'euro

Cette estimation se fonde sur l'écart de taux France-Allemagne , avant l'adoption de l'euro sur une période longue . Entre 1986 et 1992 (traité de Maastricht), le « spread » France-Allemagne est en moyenne de 1,9%. En 2016, il est en moyenne de 0,4%. Se concentrer sur le « spread » et non le taux permet d'annuler l'effet lié à l' environnement de taux, actuellement artificiellement bas mais très élevés à la fin des années 80 .

Pourquoi sortir de l'euro coûterait 30 milliards à la France?

Cela veut dire qu'en adoptant l'euro, les taux d'intérêt de la France ont convergé vers ceux de l'Allemagnelui permettant donc de se financer moins cher  de l'ordre de 1,5 point de pourcentage . Concrètement, quand la France se finance à 2% avec le franc, le taux tombe à 0,5% grâce à la monnaie unique.

Hausse des intérêts avec un retour au franc

En sortant de la zone euro et en revenant au franc, le taux auquel se financerait la France pourrait donc faire le chemin inverse et remonter de 1,5 point de pourcentage. La dette publique française atteint actuellement 2.160 milliards d'euros avec une maturité moyenne de 7 ans.

Comme une partie de la dette est refinancée chaque année , au bout de 7 ans, le taux du stock aura augmenté de 1,5 point de pourcentage, ce qui fait un montant d'intérêts en plus d'environ 30 milliards par an.

Une hypothèse plutôt conservatrice

Le coût pourrait même être bien plus élevé en fonction de l'ampleur du choc sur les marchés. Les investisseurs pourraient demander à la France une prime de risque nettement au-dessus du 1,9 % de 1986-92. Par ailleurs, le montant de 30 milliards ne prend pas en compte le coût supplémentaire lié à la dévaluation du franc qu'entend opérer le FN ou qui aurait probablement lieu de toute façon . Enfin une fois la période de 7 ans écoulée, il y a fort à parier que la dette de l'Etat sera nettement supérieure aux 2.160 milliards actuels.

En outre, cela aura aussi un coût pour les ménages et les entreprises . En effet, les taux qui s'appliquent à la dette privée dépendent du taux de la dette française. Par exemplela baisse des taux du crédit immobilier s'explique en partie par la baisse du taux des emprunts d'Etat français , utilisés par les banques comme ressourceAujourd'hui la dette privée s'élève à 2.700 milliards d'euros. Le supplément d' intérêt à payer serait alors de 40,5 milliards d'euros.

million d' emplois menacés

Les Echos / Institut Montaigne
Les Echos / Institut Montaigne

A l'impact sur les finances publiques , il faut ajouter les conséquences sur l'économie en général . En 2011 déjà la sortie de l'euro faisait partie du programme de Marine Le Pen. A l' époque , l'Institut Montaigne s'était penché sur ses implications. Il en ressort qu'un retour au franc provoquerait un séisme économique et social.

Dans le détail, le retour au franc détruirait entre 6% et 19% de la richesse nationale à horizon de dix ans, selon l'étude menée par le think -tank libéral à cette époque. Et cela se traduirait à long terme par la destruction de plus d'un million d'emplois. La dévaluation de 20% de la monnaie augmenterait mécaniquement le poids de la dette par rapport au PIB. L'Etat serait alors contraint de réduire ses dépenses ou d'augmenter les impôts . Les Français dépenseraient moins, alimentant ainsi le cercle vicieux entre récession, chômage, et moindre consommation.

Enfin, petit détail qui a son importance : pour revenir au franc il serait nécessaire de refrapper la monnaie . Le think -tank estimait à environ 2 milliards d'euros le coût des pièces des nouveaux billets de banque.

Source : Les Echos


 


Les fonds souverains privilégient « l’inconnue » américaine à l’Europe - 26/01

Les fonds souverains se tournent davantage vers les Etats-Uniset au détriment de l'Europe . Et ce prisme américain pourrait encore s'accentuer avec l'arrivée au pouvoir de Donald Trump . En effet , son ambitieux programme de rénovation et construction d'infrastructures dans tout le pays attise la convoitise des fonds d'investissements étatiques.

Les médias américains évoquent déjà au moins 50 projets ( portsautorouteschemins de fer , aéroports ...) pour un total de 137 milliards de dollars . Or les infrastructures sont une des classes d'actifs fétiche des fonds souverains car elles offrent des rendements réguliers à long terme protégés contre l'inflation et peu liés aux performances des marchés financiers traditionnels. Selon le consultant Preqin, 62% des fonds souverains sont investis sur cette expertise , contre moitié moins (32%) sur les hedge funds . Depuis 2014, l'immobilier et la dette privée ont été aussi privilégiés comme classes actifs de diversification et de rendement.

Effet Brexit

Selon les données préliminaires établies par le Sovereign Wealth Fund Institute pour 2016, les fonds souverains ont effectué pour 30 milliards de dollars d' investissements directs stratégiques aux Etats-Unis, notamment dans l'immobilier , un niveau à peu près équivalent à leurs investissements en Europe. Deux ans plus tôt, les fonds investissaient près de trois fois plus sur le Vieux Continent, 60 milliards de dollars qu'outre Atlantique (23 milliards).

Selon l'institut, la méfiance accrue des fonds à l'égard de l'Europe et la recherche de diversification géographique trouvent leur source dans la crise et difficultés économiques qu'a connues la zone euro depuis 2011. « Après le Brexit , nous avons toutefois constaté au dernier trimestre un retour des capitaux vers l'Europe » , note le SWF institute. D'après le rapport de Preqin, les trois quarts des fonds souverains ont investi sur les actions américaines, contre un sur deux sur les actions émergentes.

Fonds chinois et qatari

Le fonds souverain chinois CIC qui gère autour de 800 milliards de dollars, a annoncé début 2017 qu'il allait accroître ses investissements directs aux Etats-Unis mais aussi dans le secteur financier ( hedge fundscapital investissement) et infrastructures.

Le fond qatari QIA veut investir autour de 35 milliards de dollars outre-Atlantique dans les 5 prochaines années. Le fonds koweïtien a pour sa part déclaré à la Bloomberg TV qu'il attendait de voir quels seraient les projets de l'administration Trump, notamment en matière d'infrastructures, avant de se décider à investir . Les fonds souverains russes, en grandes difficultés, vont-ils investir outre-Atlantique compte tenu du réchauffement des relations diplomatiques entre les deux pays?

Le précédent Dubaï DP world

Alors qu'en 2014, c'est le Royaume-Uni qui était perçu comme la zone géographique la plus attractive pour les fonds souverains, ce sont désormais les Etats-Unis qui figurent en tête avec aujourd'hui une note de 8,2 sur 10, contre 6,5 deux ans plus tôt. Après la stabilité politique, le troisième critère le plus important pour un fonds avant d'investir dans un pays est son ouverture aux investisseurs étrangers.

Le protectionnisme de la nouvelle administration va-t-il fermer aux fonds certains secteurs jugés stratégiques? Ce fut le cas en 2005-2006 quand le fonds souverain de Dubaï DP World voulut acquérir la gestion du port de New York , et échoua après une levée de boucliers et campagne politique suspicieuse à l'égard des visées des fonds étrangers.

Source : Les Echos